Categories

Accueil > Recherche > L’histoire économique à bout de souffle ?

L’histoire économique à bout de souffle ?

Entre crise de l’histoire et déni de l’économique

dimanche 4 octobre 2009, par GGB

 Les attendus de la journée

L’histoire économique et sociale en France a longtemps été caractérisée par le choix du groupe social comme unité d’analyse et par l’idée d’un primat des facteurs économiques dans la dynamique des sociétés. Cette histoire, rapidement qualifiée de « labroussienne », a subi depuis une trentaine d’années bon nombre de coups de boutoir : le « retour de l’acteur », le « tournant linguistique », le « tournant culturel » ont été autant de remises en cause d’un modèle historiographique dominant lors des Trente glorieuses. Sur le plan méthodologique, l’approche quantitative a été délaissée pour des méthodes qualitatives encouragées par l’essor de la micro-histoire. L’histoire économique a perdu son caractère d’évidence, tandis que l’histoire sociale s’est trouvée confrontée aux développements récents d’une sociologie ou d’une anthropologie remettant en cause l’idée même de société. Aussi a-t-on constaté une parcellisation du territoire de l’historien : l’histoire économique et sociale fait place désormais à l’histoire urbaine, à l’histoire des femmes, à celle du genre, à l’histoire des migrations, à l’histoire du sport, ... La liste, inépuisable, traduit à la fois une diversité des objets et un éclatement d’une introuvable communauté des historiens.

Ce constat, déjà ancien, se heurte néanmoins à une réalité assez triviale. Il n’est pas rare, en effet, de faire encore référence à une « histoire économique et sociale », ne serait-ce que pour désigner des cours ou des postes. Quand on sait combien les pratiques du et dans le métier influent sur l’« opération historiographique », on ne peut que s’interroger sur le sens et la portée de cette survivance. En bref, peut-on encore parler d’ « histoire économique et sociale » aujourd’hui ? Cette terminologie ne relève-t-elle que d’une pure catégorisation institutionnelle dont on aurait perdu le sens ou conserve-t-elle, au contraire, une certaine pertinence scientifique ? Ce sont ces questions qui seront au cœur de notre journée d’étude du 6 octobre 2009 qui réunira plusieurs historiens du PRES Université Lille-Nord-de-France. Une exposition consacrée à Georges Lefebvre sera inaugurée à la fin de cette rencontre.

 La présentation

PDF - 87.8 ko

 Bibliographie très sommaire

- Barjot, Dominique (dir.), « Où va l’histoire économique », Historiens et géographes, n° 378, 2002, dossier.
- Bédarida, François (dir.), L’histoire et le métier d’historien en France, 1945-1995,Paris, Éd. de la Maison des sciences de l’homme, 1995.
- Beltran, Alain, Daviet, Jean-Pierre et Ruffat, Michèle, « L’histoire d’entreprise en France. Essai bibliographique », Les cahiers de l’IHTP, n° 30, juin 1995.
- Breton, Yves, « Les économistes français et les écoles historiques allemandes », Histoire, économie et société, vol. 7, n° 3, 1988, p. 399-417.
- Bruhns, Hinnerk (dir.), Histoire et économie politique de Gustav Schmoller à Max Weber. Nouvelle perspective sur l’histoire de l’économie, Paris, Éd. de la Maison des sciences de l’homme, 2004.
- Caritey, Jacques, « L’effondrement de l’histoire économique des XIXe et XXe siècle », Revue administrative, n° 363, juillet 2008, p. 381-320.
- Chavance, Bernard, L’économie institutionnelle, Paris, La Découverte, 2007.
- CNRS-IHMC, Bibliographie annuelle de l’histoire de France, du 5è siècle à nos jours. Année 2000, Paris, CNRS éd., 2001.
- Daumas, Jean-CLaude, « Redynamiser l’histoire économique en France », Entreprise et histoire, 2008/3, vol. 52, p. 7-17.
- Dufy, Caroline et Weber, Florence, L’ethnographie économique, Paris, La Découverte, 2007.
- Hannah, Leslie et alii, « L’histoire économique en Grande-Bretagne », Entreprise et histoire, 2008/3, vol. 52, p. 96-104.
- Lemercier, Claire et Zalc, Claire, Méthodes quantitatives pour l’historien, Paris, La Découverte, 2008.
- Steiner, Philippe, La sociologie économique, Paris, La Découverte, 2005.
- Topolov, Christian, « En finir avec la société ? Un débat historiogprahique », Revue d’histoire du XIXe siècle, n° 37, 2008/2, p. 167-182.
- Vincent, Julien, « Industrialisation et libéralisme au XIXe siècle : nouvelles approches de l’histoire économique britannique », Revue d’histoire du XIXe siècle, n° 37, 2008/2, p. 87-110.