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	<title>Gabriel Galvez-Behar</title>
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	<description>Pr&#233;sent &#233;galement sur Mastodon sur BlueSky et sur Linkedin.
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		<title>Gabriel Galvez-Behar</title>
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		<title>Sur l'annulation d'un colloque au Coll&#232;ge de France</title>
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		<dc:creator>GGB</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;O&#249; l'on revient sur l'annulation d'un colloque au Coll&#232;ge de France. Une r&#233;action &#224; chaud, mais r&#233;fl&#233;chie, sur la base des seuls &#233;l&#233;ments connus &#224; ce jour.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://ggb.ouvaton.org/spip.php?rubrique27" rel="directory"&gt;Sur l'enseignement sup&#233;rieur et la recherche en g&#233;n&#233;ral&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Par un &lt;a href=&#034;https://www.college-de-france.fr/fr/actualites/annulation-du-colloque-la-palestine-et-europe-poids-du-passe-et-dynamiques-contemporaines-des-13-et&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;communiqu&#233;&lt;/a&gt; dominical, le Coll&#232;ge de France a annonc&#233; l'annulation du colloque &#171; La Palestine et l'Europe : poids du pass&#233; et dynamiques contemporaines&#034; qui &#233;tait pr&#233;vu les 13 et 14 novembre. Apr&#232;s avoir rappel&#233; &#034;la stricte neutralit&#233; de l'&#233;tablissement au regard des questions de nature politique ou id&#233;ologique &#187;, le communiqu&#233; mentionne la libert&#233; de chacun de ses professeurs dans l'organisation de ses colloques, une libert&#233; qui, selon le communiqu&#233;, ne saurait &#234;tre ignorante d'un certain nombre de principes comme la &#171; s&#233;r&#233;nit&#233; des d&#233;bats &#187; ou la &#171; pluralit&#233; des analyses et des perspectives &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, &#224; la lecture du communiqu&#233;, c'est au nom de consid&#233;rations de s&#233;curit&#233; et d'ordre public que l'administrateur du Coll&#232;ge de France semble avoir annul&#233; cette manifestation. Il faut pourtant rappeler que lorsque l'universit&#233; Paris-Dauphine avait annul&#233; une conf&#233;rence de Jean-Luc M&#233;lenchon et Rimah Hassan en avril 2024, qui ne sont pourtant pas des universitaires, le tribunal administratif de Paris avait suspendu cette d&#233;cision et le &lt;a href=&#034;https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2024-05-06/494003&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Conseil d'&#201;tat&lt;/a&gt; avait globalement confirm&#233; ce jugement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette d&#233;cision m'avait d'ailleurs supris, vu sa d&#233;cision de 2011 suite &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il serait int&#233;ressant de voir comment se positionnerait la juridiction administrative par rapport &#224; l'annulation du colloque au Coll&#232;ge de France, m&#234;me si le caract&#232;re tardif de la d&#233;cision &#8331; moins d'une semaine avant la tenue pr&#233;vue du colloque &#8331; rendrait sans doute ineffectif tout recours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;cision du Coll&#232;ge de France a &#233;t&#233; comment&#233;e sur les r&#233;seaux sociaux par le ministre de l'Enseignement Sup&#233;rieur et de la Recherche. M. Baptiste affirme &#171; avoir port&#233; aupr&#232;s de l'administrateur du Coll&#232;ge de France au cours des derniers jours &#187; la n&#233;cessit&#233; de d&#233;fendre &#171; un d&#233;bat libre, respectueux et pluriel &#187;. La d&#233;cision n'est donc pas salu&#233;e au nom de consid&#233;rations d'ordre public mais au nom d'un jugement a priori sur la qualit&#233; du d&#233;bat et de sa pluralit&#233;. Ce n'est pas faire injure faite au ministre que de penser que sa position a pu &#234;tre inspir&#233;e par d'autres prises de position au cours de la pol&#233;mique qui s'est &#233;tal&#233;e dans certains m&#233;dias et sur les &lt;a href=&#034;https://x.com/PhBaptiste/status/1987475745099141359&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;r&#233;seaux sociaux&lt;/a&gt;. Toutefois, en l'absence d'autres &#233;l&#233;ments connus, comment ne pas voir dans cette d&#233;marche, qui consiste &#224; interdire une rencontre scientifique sur la base d'un proc&#232;s d'intention port&#233; par un mouvement d'opinion publique, autre chose qu'une censure ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il fait appel &#224; certains chercheurs ind&#233;pendants voire militants, le colloque repose sur la participation de nombreux chercheurs et universitaires provenant d'institutions scientifiques reconnues. Le parti pris de son programme, que l'on ne peut nier, autorise-t-il son interdiction au nom du respect du pluralisme dont le ministre ou l'administrateur du Coll&#232;ge de France seraient les garants auto-d&#233;sign&#233;s ? Sauf &#224; ce que d'autres &#233;l&#233;ments soient entr&#233;s en jeu, les justifications donn&#233;es, tant par le ministre que par l'administrateur, la premi&#232;re apparaissant en fait comme la raison r&#233;elle de la seconde, ne tiennent pas et consacrent une entrave &#224; l'ind&#233;pendance de la recherche et de l'enseignement sup&#233;rieur dont elles se pr&#233;valent pourtant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rappel de la neutralit&#233; du Coll&#232;ge de France par son administrateur confond plusieurs &#233;l&#233;ments qui m&#233;riteraient d'&#234;tre clairement distingu&#233;s. La neutralit&#233; institutionnelle est une chose ; la suppos&#233;e neutralit&#233; individuelle des universitaires et des chercheurs en est une autre. &#192; cet &#233;gard, il convient de rappeler que non seulement la neutralit&#233; institutionnelle a toujours &#233;t&#233; d&#233;battue dans le milieu acad&#233;mique - notamment aux &#201;tats-Unis lors de la guerre du Vietnam - mais encore ses critiques ont souvent &#233;t&#233; faites au nom de la libert&#233; acad&#233;mique individuelle. En 1971, l'&#233;conomiste Fritz Machlup, ancien pr&#233;sident de l'American Association of University Professors, se pronon&#231;ait en faveur de la neutralit&#233; institutionnelle : pour lui, toute position politique prise par une institution scientifique &#233;tait susceptible de constituer une pression pour les membres de cette institution en d&#233;saccord avec la position prise. Dans le cas du colloque du Coll&#232;ge de France, au nom du principe de neutralit&#233; institutionnelle, c'est bien la libert&#233; acad&#233;mique d'universitaires et de chercheurs qui a &#233;t&#233; battue en br&#232;che.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argument de l'indispensable respect du pluralisme ne tient pas non plus. Si l'on devait r&#233;unir, &#224; chaque colloque consacr&#233; &#224; un sujet donn&#233;, un repr&#233;sentant de chaque &#233;cole de pens&#233;e ou de m&#233;thode, tous les amphith&#233;&#226;tres du Coll&#232;ge de France n'y suffiraient pas ! Qui, d'ailleurs, les d&#233;signerait ? En fait, il est fr&#233;quent que des chercheurs d'une m&#234;me ob&#233;dience se r&#233;unissent ; le pluralisme du d&#233;bat se joue ailleurs. En l'esp&#232;ce, la volont&#233; d'organiser le colloque &#224; huis-clos, &#233;voqu&#233;e par l'Administrateur dans son communiqu&#233;, allait pr&#233;cis&#233;ment &#224; l'encontre de la pluralit&#233; souhait&#233;e puisqu'elle emp&#234;chait tout contradicteur d'assister au colloque et d'y intervenir comme le permet g&#233;n&#233;ralement ce type d'&#233;v&#233;nements scientifiques. Peut-&#234;tre l'Administrateur du Coll&#232;ge de France craignait-il des d&#233;bordements mais la d&#233;cision, d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;e, du Conseil d'&#201;tat, offrait des pistes pour les &#233;viter. Est-il possible d'annuler toutes les rencontres scientifiques au motif qu'elles peuvent susciter des remous ? C&#233;der &#224; la pression, c'est accepter l'emprise politique sur les institutions scientifiques. On ne peut pas l&#233;gitimement s'en &#233;mouvoir pour certaines manifestations et pas pour celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;pisode constitue une entrave &#224; la libert&#233; acad&#233;mique et &#224; l'ind&#233;pendance de la recherche et de l'enseignement sup&#233;rieur. Il n'a rien &#224; envier aux pressions que subissent parfois d'autres manifestations scientifiques mais ce dernier est plus grave car il est endoss&#233; par le ministre qui devrait &#234;tre le garant de ces libert&#233;s. Un r&#233;gime autoritaire trouvera l&#224; un utile pr&#233;c&#233;dent. Cette situation doit inciter les universitaires et les chercheurs &#224; se saisir eux-m&#234;mes de la question de la libert&#233; acad&#233;mique. Le Conseil national de l'enseignement sup&#233;rieur et de la recherche, le Conseil national des universit&#233;s ou le Comit&#233; national de la recherche, instances collectives dont la composition repose essentiellement sur des bases &#233;lectives, constituent une meilleure garantie d'ind&#233;pendance par rapport au pouvoir. Elles devraient &#234;tre le lieu d'une d&#233;finition r&#233;solue de la libert&#233; acad&#233;mique, par et pour celles et ceux qu'elle concerne directement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette d&#233;cision m'avait d'ailleurs supris, vu sa &lt;a href=&#034;https://www.conseil-etat.fr/actualites/collectif-palestine-ens&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d&#233;cision&lt;/a&gt; de 2011 suite &#224; l'organisation d'une rencontre par le collectif Palestine ENS en 2011&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;PS : [10/11/25 - 18h10] Il est indispensable de lire le &lt;a href=&#034;https://carep-paris.org/annonce/communique-de-presse-le-college-de-france-cede-aux-pressions-et-annule-le-colloque-la-palestine-et-leurope/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;communiqu&#233;&lt;/a&gt; conjoint de la Chaire d'histoire contemporaine du monde arabe au Coll&#232;ge de France et du Centre arabe de recherches et d'&#233;tudes politiques de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisateurs du colloque insistent sur leur souci d'assurer la pluralit&#233; des points de vue scientifiques. Contrairement &#224; ce que je pouvais laisser penser du fait de mon ignorance de ce champ scientifique, ces chercheurs ne rel&#232;vent pas d'une &#034;m&#234;me ob&#233;dience&#034;. Cela montre que les conditions du d&#233;bat scientifique &#233;taient sans doute mieux r&#233;unies pour ce colloque que pour beaucoup d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela rend encore plus insupportable l'annulation de ce colloque dont il conviendrait qu'il se t&#238;nt.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>L'enseignement sup&#233;rieur et la recherche m&#233;ritent mieux que des coups politiques sans lendemain</title>
		<link>http://ggb.ouvaton.org/spip.php?article97</link>
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		<description>&lt;p&gt;O&#249; l'on revient sur la suppression virtuelle du HCERES&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://ggb.ouvaton.org/spip.php?rubrique27" rel="directory"&gt;Sur l'enseignement sup&#233;rieur et la recherche en g&#233;n&#233;ral&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis le 9 avril, l'Assembl&#233;e nationale examine le projet de loi pour la simplification de la vie &#233;conomique. &#192; cette occasion, elle a adopt&#233; une disposition, absente du projet initial mais ajout&#233;e en commission, supprimant le Haut conseil de l'&#233;valuation de l'enseignement sup&#233;rieur et de la recherche (HCERES). Si la loi &#233;tait adopt&#233;e par l'Assembl&#233;e et la disposition maintenue par la Commission mixte paritaire, il serait mis fin aux activit&#233;s de cette autorit&#233; administrative ind&#233;pendante charg&#233;e notamment d'&#233;valuer les &#233;tablissements d'enseignement sup&#233;rieur et de recherche, leurs formations et leurs unit&#233;s de recherche.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;valuer l'&#233;valuateur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si l'association des dirigeants des &#233;tablissements d'enseignement sup&#233;rieur public (&lt;a href=&#034;https://franceuniversites.fr/actualite/france-universites-denonce-lirresponsabilite-des-arguments-qui-ont-conduit-au-vote-de-lassemblee-nationale-en-faveur-de-la-suppression-du-hceres/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;France Universit&#233;&lt;/a&gt;) s'est &#233;mue d'une telle perspective, rares sont ceux qui, dans la communaut&#233; acad&#233;mique, se sont mobilis&#233;s pour d&#233;fendre cette institution devenue le symbole du n&#233;o-management du secteur de la recherche et de l'enseignement sup&#233;rieur. En fait, les arguments de fond en faveur de cette institution peinent &#224; convaincre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire de l'ind&#233;pendance statutaire du HCERES le rempart des libert&#233;s acad&#233;miques pr&#234;te &#224; sourire quand on se rappelle la nomination &#224; sa t&#234;te d'un ancien conseiller &#224; la Pr&#233;sidence de la R&#233;publique en octobre 2020. &#192; dire vrai, un tel m&#233;lange des genres avait d&#233;j&#224; eu lieu en 2007 avec l'anc&#234;tre du HCERES, l'Agence d'&#233;valuation de la recherche et de l'enseignement sup&#233;rieur (AERES) : l'ancien directeur g&#233;n&#233;ral de l'enseignement sup&#233;rieur avait &#233;t&#233; nomm&#233; &#224; la t&#234;te de l'Agence, avant de partir &#224; Matignon comme conseiller quelques mois plus tard. De tels &#233;pisodes, qui ne r&#233;sument certes pas leur histoire, ont suscit&#233; une m&#233;fiance forte de la communaut&#233; acad&#233;mique &#224; l'endroit d'instances d'&#233;valuation jug&#233;es proches du pouvoir. Il ne suffit pas d'&#234;tre juridiquement ind&#233;pendant pour faire la preuve de son ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette m&#233;fiance est redoubl&#233;e par un sentiment d'agacement face &#224; la lourdeur bureaucratique des proc&#233;dures d'&#233;valuation elles-m&#234;mes. La phase interne de pr&#233;paration de l'&#233;valuation dans un &#233;tablissement dure une ann&#233;e. Elle est faite de r&#233;unions nombreuses, de documents &#224; produire et de tableurs &#224; renseigner. Tous les cinq ans, elle mobilise des responsables de formation, des chercheuses et des chercheurs et des &#233;quipes pr&#233;sidentielles alors m&#234;me que les ressources humaines se font rares. Quant &#224; la phase d'&#233;valuation, entre le d&#233;p&#244;t dossier et le retour des rapports, elle dure environ six mois avec son lot de visites, de r&#233;unions ou de contre-rapports. En 2012, l'AERES suscitait d&#233;j&#224; le m&#233;contentement de la communaut&#233; acad&#233;mique. Treize en plus tard, le m&#234;me sentiment pr&#233;vaut avec le HCERES.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce m&#233;contentement s'est r&#233;cemment cristallis&#233; en col&#232;re franche lorsque le HCERES a d&#233;livr&#233; des avis d&#233;favorables, certes provisoires, pour plus de 25% des formations &#233;valu&#233;es. Alors que le HCERES se targue de recourir au jugement des pairs, ces &#233;valuations n'ont tenu compte ni du niveau de d&#233;nuement structurel des universit&#233;s que subissent les coll&#232;gues, ni de la r&#233;alit&#233; sociologique de certaines fili&#232;res, ni de leurs sp&#233;cificit&#233;s disciplinaires. Faute de proc&#233;der &#224; une telle remise en contexte, ces avis d&#233;favorables ont constitu&#233; une remise en cause de l'activit&#233; des enseignants qui animent ces formations, d&#233;sormais fragilis&#233;es dans un contexte de p&#233;nurie qui conduit les &#233;tablissements &#224; r&#233;duire leurs enseignements. Le doute sur la r&#233;&#233;criture de certains rapports a achev&#233; de nourrir un sentiment de trahison et d'exasp&#233;ration qui explique largement le succ&#232;s des mobilisations diverses contre le HCERES.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, sur le terrain, les rapports du HCERES peuvent servir dans les n&#233;gociations sur l'avenir de certaines formations ou de certaines unit&#233;s de recherche. Les visites, quand elles ont lieu, peuvent parfois faire appara&#238;tre des probl&#232;mes qui resteraient sinon sous silence - &#224; propos des personnels administratifs ou des doctorants, notamment, qui ont une position hi&#233;rarchique plus fragile. Malgr&#233; cela, le HCERES n'a pas fait la preuve de son utilit&#233; alors m&#234;me que sa cr&#233;ation en 2013 devait constituer un nouveau d&#233;part &#224; l'&#233;valuation de l'enseignement sup&#233;rieur et de la recherche en France. L'encha&#238;nement de r&#233;formes, qui reposent plus sur des pr&#233;suppos&#233;s id&#233;ologiques que sur une appr&#233;ciation objective des pr&#233;c&#233;dentes, n'a pas aid&#233; &#224; convaincre et les r&#233;cents engagements de la toute nouvelle pr&#233;sidente du HCERES n'ont pas permis de faire oublier tout ce passif.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un coup d'&#233;p&#233;e dans l'eau&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Fallait-il pour autant rayer d'un trait de plume toute une section du Code de la Recherche sur la base d'un amendement adopt&#233; en commission, certes confirm&#233; par la repr&#233;sentation nationale, mais sans consultation pr&#233;alable des acteurs de l'enseignement sup&#233;rieur et de la recherche, &#224; commencer par les repr&#233;sentants de ses personnels ? C'est une dr&#244;le de conception du respect de la libert&#233; acad&#233;mique qui conduit &#224; se f&#233;liciter de la disparition d'une institution de l'enseignement sup&#233;rieur et de la recherche d&#233;cid&#233;e au gr&#233; des rapports de force du moment dans l'h&#233;micycle. Si demain une majorit&#233; de rencontre d&#233;cidait de supprimer le Conseil national des universit&#233;s ou le Comit&#233; national de la recherche scientifique de la m&#234;me mani&#232;re, il ne faudrait pas se plaindre d'une inacceptable incursion du politique dans la sph&#232;re acad&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le HCERES est certes devenu le symbole du n&#233;o-management de l'enseignement sup&#233;rieur et de la recherche. Ses &#233;valuations, cens&#233;es &#234;tre faites par des &#034;pairs&#034;, sont d'autant plus inaudibles que les probl&#232;mes structurels de l'enseignement sup&#233;rieur ne sont jamais r&#233;solus. Pour autant, sa suppression, si elle a lieu, va-t-elle permettre d'en finir avec le recours excessif aux vacataires ? Va-t-elle permettre le recrutement massif de personnels titulaires ? Va-t-elle rendre possible un financement &#224; la hauteur des besoins et une r&#233;partition des ressources claire et transparente ? Il y a lieu d'en douter puisque cette chronique d'une mort esp&#233;r&#233;e par certains ne s'accompagne ni d'un projet alternatif, ni du travail politique que n&#233;cessiterait sa r&#233;alisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pr&#233;tendue victoire contre ce qui a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; avec outrance comme &#034;une police des savoirs&#034; aura certes permis de faire un coup politique. Au mieux, elle accouchera d'une souris et, au pire, elle laissera la main &#224; l'alliance conservatrice-r&#233;actionnaire pour inventer quelque chose de pire. Rappelons qu'il a fallu l'appoint de l'extr&#234;me-droite pour obtenir le maintien de cette suppression. Les parlementaires de gauche favorables &#224; la suppression du HCERES seront-ils d'ailleurs coh&#233;rents avec eux-m&#234;mes en votant une loi qu'ils combattent par ailleurs tant elle s'apparente &#224; un concours L&#233;pine d'inventions d&#233;r&#233;gulatrices ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mettre la libert&#233; acad&#233;mique au c&#339;ur d'une r&#233;forme de l'enseignement sup&#233;rieur et de la recherche&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une autorit&#233; administrative ind&#233;pendante comme le HCERES pourrait pourtant jouer un r&#244;le essentiel dans une r&#233;forme en profondeur de l'enseignement sup&#233;rieur et de la recherche. Elle ne devrait pas avoir pour objet prioritaire de juger des performances des &#034;op&#233;rateurs&#034; du secteur mais de veiller au respect de la libert&#233; acad&#233;mique et d'en &#233;valuer la mise en &#339;uvre. Bien entendu, cela supposerait que la libert&#233; acad&#233;mique fasse l'objet d'une d&#233;finition juridique claire voire d'une reconnaissance constitutionnelle. Vu ce qu'il se passe aux &#201;tats-Unis, on mesure une telle urgence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assise sur ces nouvelles bases, cette autorit&#233; pourrait s'assurer que les libert&#233;s acad&#233;miques - la libert&#233; de chercher, la libert&#233; d'enseigner, la libert&#233; d'apprendre - sont biens garanties dans les &#233;tablissements, que ce soit gr&#226;ce &#224; la coll&#233;gialit&#233; des d&#233;cisions qui en rel&#232;vent ou gr&#226;ce &#224; la mise &#224; disposition de moyens. Bien entendu, les usages de ces libert&#233;s seraient &#233;galement &#233;valu&#233;es tant il est vrai que les libert&#233;s acad&#233;miques ne s'usent que si l'on ne s'en sert pas. Le cadre de l'&#233;valuation serait ainsi profond&#233;ment modifi&#233; puisqu'il ne s'agirait plus de v&#233;rifier comment la communaut&#233; acad&#233;mique r&#233;pond &#224; des attentes qui sont souvent exog&#232;nes mais comment elle conserve sa singularit&#233;, en r&#233;pondant &#224; de telles attentes mais &#224; ses propres conditions. Enfin, cette autorit&#233; pourrait &#234;tre saisie, en cas d'entrave aux libert&#233;s acad&#233;miques, &#224; l'instar du D&#233;fenseur des droits. Tout cela supposerait que cette instance soit pleinement coll&#233;giale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle r&#233;forme, toutes celles que requiert un aggiornamento de l'enseignement sup&#233;rieur et de la recherche, n&#233;cessiterait une mobilisation franche et massive de la communaut&#233; acad&#233;mique. Sa r&#233;cente participation en France au mouvement &lt;i&gt;Stand up for Science&lt;/i&gt;, cristallis&#233;e par les attaques frontales de l'administration Trump contre la science &#233;tats-unienne, incite &#224; l'optimisme. Toutefois, d'autres signes sont plus inqui&#233;tants. Alors que l'on comptait &lt;a href=&#034;https://www.snesup.fr/article/lettre-flash-resultats-elections-cnu-lettre-flash-ndeg-82-du-28-novembre-2023&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;48000 inscrits&lt;/a&gt; aux &#233;lections du Conseil national des universit&#233;s de 2023, seuls 24907 d'entre eux ont effectivement vot&#233; (soit un taux de participation de 52%). Aux &lt;a href=&#034;https://cfdt-recherche-epst.org/?p=35322&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;lections du CNESER la m&#234;me ann&#233;e&lt;/a&gt;, le taux de participation oscillait entre 17% pour le coll&#232;ge des chercheurs et 24% environ pour les enseignants-chercheurs. En 2022, la participation aux &#233;lections du comit&#233; social d'administration minist&#233;riel de l'enseignement sup&#233;rieur et de la recherche n'atteignait pas 20%. Cette d&#233;sertion des instances repr&#233;sentatives ouvre un boulevard aux r&#233;formes d&#233;l&#233;t&#232;res. Pour reposer les bases d'un enseignement sup&#233;rieur et d'une recherche conformes &#224; un id&#233;al d&#233;mocratique, &#233;mancipateur et &#233;clair&#233;, les universitaires et les chercheurs doivent r&#233;investir les instances de leurs &#233;tablissements, les collectifs, les syndicats et les partis politiques. Ils ne doivent pas se laisser aller &#224; des coups sans lendemain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dix r&#233;flexions tr&#232;s rapides sur l'enseignement sup&#233;rieur et la recherche</title>
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		<dc:date>2024-12-19T10:52:27Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Les interventions r&#233;centes de Sylvie Retailleau et d'Antoine Petit, pr&#233;sident du CNRS, ont relanc&#233; des d&#233;bats sur l'enseignement sup&#233;rieur et la recherche sur les r&#233;seaux sociaux. Dans l'attente d'un.e ministre, voici quelques r&#233;flexions tr&#232;s, tr&#232;s rapides. &lt;br class='autobr' /&gt; 1. Le syst&#232;me universitaire fran&#231;ais est sous-dimensionn&#233;. Lesvacataires d'enseignement r&#233;alisent l'&#233;quivalent du service de 29000 enseignants-chercheurs (EC). M&#234;me si l'on consid&#232;re qu'une moiti&#233; de ces vacataires sont des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://ggb.ouvaton.org/spip.php?rubrique27" rel="directory"&gt;Sur l'enseignement sup&#233;rieur et la recherche en g&#233;n&#233;ral&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les interventions r&#233;centes de &lt;a href=&#034;https://education.newstank.fr/article/view/348024/universites-onr-acteurs-faut-lille-bilan-perspectives-retailleau.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sylvie Retailleau&lt;/a&gt; et d'&lt;a href=&#034;https://education.newstank.fr/article/view/347744/cnrs-25-unites-amenees-devenir-key-labs-vision-petit-2024-2028.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Antoine Petit&lt;/a&gt;, pr&#233;sident du CNRS, ont relanc&#233; des d&#233;bats sur l'enseignement sup&#233;rieur et la recherche sur les r&#233;seaux sociaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans l'attente d'un.e ministre, voici quelques r&#233;flexions tr&#232;s, tr&#232;s rapides.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1. Le syst&#232;me universitaire fran&#231;ais est sous-dimensionn&#233;. Les&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/04/11/enseignement-superieur-un-rapport-pointe-l-explosion-du-nombre-de-vacataires_6227158_3224.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;vacataires d'enseignement&lt;/a&gt; r&#233;alisent l'&#233;quivalent du service de 29000 enseignants-chercheurs (EC). M&#234;me si l'on consid&#232;re qu'une moiti&#233; de ces vacataires sont des professionnels r&#233;alisant des enseignements d'ordre professionnel, il manque donc l'&#233;quivalent de 14500 EC. Et l'on ne compte pas le manque d&#251; au recours des contractuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Ce sous-dimensionnement conduit &#224; une utilisation sous-optimale du potentiel de recherche universitaire. Les EC ont &#233;t&#233; recrut&#233;.e.s apr&#232;s l'obtention d'un doctorat voire d'un post-doctorat, d'une qualification puis d'un concours. Ce parcours est tr&#232;s s&#233;lectif. Un.e jeune EC constitue un potentiel de recherche de haut niveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Si les EC sont enseveli.e.s par des &lt;a href='http://ggb.ouvaton.org/spip.php?article93' class=&#034;spip_in&#034;&gt;heures suppl&#233;mentaires&lt;/a&gt; et par des t&#226;ches administratives, ils ne peuvent contribuer &#224; l'effort de recherche &#224; la hauteur de leur potentiel. C'est un g&#226;chis individuel et collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. &#192; cause du sous-dimensionnement du syst&#232;me universitaire, la recherche universitaire est brid&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Les organismes de recherche (ONR) repr&#233;sentent une part essentielle du potentiel national de recherche mais pas sa totalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Les ONR doivent optimiser la r&#233;partition de leurs financements sur plusieurs sites. Vu l'effet Matthieu (dans le domaine scientifique aussi, l'argent va &#224; l'argent), ils sont conduits &#224; concentrer leurs financements sur les sites qui en concentrent d&#233;j&#224; d'autres pour s'assurer d'un effet levier. La logique est la m&#234;me pour le PIA/France 2030 (&lt;a href=&#034;https://anr.fr/fileadmin/documents/2024/ANR-Rapport-Activite-2023.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;46% des cr&#233;dits du PIA sont contractualis&#233;s sur l'&#206;le-de-France&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Une concentration des financements de la recherche peut encourager le d&#233;crochage d'une partie de la recherche universitaire difficilement int&#233;gr&#233;e aux sites renforc&#233;s par ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Ce d&#233;crochage a un co&#251;t humain et financier. Si l'on emploie des docteur.e.s, c'est pour leur faire faire un travail correspondant &#224; leur qualification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. Le d&#233;crochage peut aussi avoir une incidence sur l'offre de formation, notamment en master, o&#249; le lien formation-recherche doit &#234;tre le plus fort, et, par ricochet, sur le doctorat, dont le d&#233;veloppement ne parvient pas &#224; atteindre les objectifs fix&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. L'incidence sur le doctorat peut avoir un effet de long terme sur le potentiel de recherche fran&#231;ais tout entier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Oui, les universit&#233;s ont un probl&#232;me de moyens !</title>
		<link>http://ggb.ouvaton.org/spip.php?article92</link>
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		<dc:date>2023-11-17T07:19:22Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>GGB</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;En ao&#251;t dernier, le chef de l'&#201;tat d&#233;clarait que les universit&#233;s n'ont pas de probl&#232;me de moyens. Une r&#233;forme se pr&#233;pare.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://ggb.ouvaton.org/spip.php?rubrique27" rel="directory"&gt;Sur l'enseignement sup&#233;rieur et la recherche en g&#233;n&#233;ral&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une tribune publi&#233;e dans &lt;a href=&#034;https://aoc.media/opinion/2023/09/20/oui-les-universites-ont-un-probleme-de-moyens/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;AOC&lt;/a&gt;le 21 septembre 2023&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Inexorable, l'extension du domaine r&#233;serv&#233; du pr&#233;sident de la R&#233;publique s'&#233;tend maintenant &#224; l'enseignement sup&#233;rieur qui peut s'attendre &#224; des d&#233;convenues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, Emmanuel Macron consid&#232;re d&#233;sormais que les universit&#233;s fran&#231;aises n'ont &#171; pas de probl&#232;mes de moyens &#187; et qu'elles doivent faire beaucoup mieux avec leur budget, quitte &#224; revenir sur le maintien de formations qui &#171; depuis des ann&#233;es ne dipl&#244;ment quasiment pas &#187; et &#224; faire &#171; davantage contribuer ceux qui ont le plus de moyens &#187;[1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Ministre de l'Enseignement sup&#233;rieur et de la Recherche a repris fid&#232;lement ce discours lors de sa conf&#233;rence de presse de rentr&#233;e : elle invite les &#233;tablissements &#224; &#171; contribuer &#224; un moment difficile &#187; du budget de l'&#201;tat ainsi qu'&#224; &#171; prendre le taureau par les cornes et &#224; r&#233;fl&#233;chir au mod&#232;le &#233;conomique des universit&#233;s &#187;[2]. Fin ao&#251;t, elle avait d&#233;j&#224; annonc&#233; aux pr&#233;sidents des universit&#233;s que ces derni&#232;res seraient amen&#233;es &#224; supporter elles-m&#234;mes une grande partie des d&#233;cisions salariales prises par le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas s'y tromper : toutes ces d&#233;clarations vont au-del&#224; du traditionnel bras de fer budg&#233;taire estival et les prises de position pr&#233;sidentielles ne doivent pas &#234;tre prises &#224; la l&#233;g&#232;re. Emmanuel Macron s'&#233;tait d&#233;j&#224; exprim&#233;, dans un entretien au Point, sur le fait que tout le monde n'avait pas &#171; vocation &#224; aller &#224; l'universit&#233; &#187;[3]. On ne peut &#233;carter le fait qu'une r&#233;forme soit dans l'air et qu'elle soit men&#233;e, comme souvent, de mani&#232;re cavali&#232;re et sur la base d'un diagnostic fauss&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les faits sont t&#234;tus et les moyens trop rares&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La pens&#233;e pr&#233;sidentielle est-elle &#224; ce point complexe qu'elle finit par se d&#233;tacher du r&#233;el ? La d&#233;gradation des moyens des universit&#233;s depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2010 est un fait &#233;tabli par la statistique publique, rappel&#233; par une r&#233;cente note du Conseil d'analyse &#233;conomique[4] : entre 2011 et 2021, la d&#233;pense moyenne par &#233;tudiant des universit&#233;s a baiss&#233; d'environ 15 %[5]. En outre, cette &#233;volution ne doit pas faire oublier les in&#233;galit&#233;s structurelles de l'enseignement sup&#233;rieur : la d&#233;pense pour un &#233;l&#232;ve de classe pr&#233;paratoire est 60 % plus &#233;lev&#233;e que celle pour un &#233;tudiant &#224; l'universit&#233; et celle d'un &#233;l&#232;ve de section de technicien sup&#233;rieure de 40 %. Relativement aux diff&#233;rentes cat&#233;gories d'&#233;tablissements, l'universit&#233; est celle qui a le moins de moyens &#8211; et cela est particuli&#232;rement vrai dans le domaine des sciences humaines et sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La masse des heures d'enseignement assur&#233;es par des enseignants non-titulaires vient confirmer le constat d'une fragilit&#233; g&#233;n&#233;rale. Malgr&#233; l'absence de transparence sur cette question, il est possible d'estimer la part des heures d'enseignement assur&#233;es par les uns et par les autres. Du fait de l'&#233;rosion de leurs effectifs pendant plusieurs ann&#233;es, les enseignants titulaires peinent &#224; assurer la moiti&#233; de la charge globale d'enseignement sur leurs heures statutaires. Au moins un tiers des heures d'enseignement d&#233;livr&#233;es dans les &#233;tablissements d'enseignement sup&#233;rieur le sont sur la base d'heures compl&#233;mentaires ou de vacations[6]. Lorsque l'on sait que chacune de ces heures est r&#233;tribu&#233;e une quarantaine d'euros pour quatre heures de travail effectif, on mesure qu'une large part des enseignements universitaires est assur&#233;e &#224; bas prix, gr&#226;ce &#224; des personnels indispensables &#8211; les vacataires &#8211; mais souvent bien peu reconnus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re de comparaison internationale, la situation n'est pas meilleure. La France se situe certes autour de la moyenne de l'OCDE en mati&#232;re de d&#233;pense par &#233;tudiant mais derri&#232;re des pays comme la Su&#232;de, le Danemark, la Belgique ou l'Allemagne qui ont une part de financement public importante. Alors que la d&#233;pense annuelle moyenne par &#233;tudiant a augment&#233; dans les pays de l'OCDE depuis les ann&#233;es 2010, elle a baiss&#233; en France[7]. En mati&#232;re de taux d'encadrement, c'est-&#224;-dire du nombre d'&#233;tudiants par enseignant, la France se situe sous la moyenne de l'OCDE[8]. La comparaison avec d'autres pays offre donc, au mieux, un tableau en demi-teinte. Bref, sans parler de la visite souvent cruelle de certains campus &#233;trangers, l'hypoth&#232;se d'universit&#233;s fran&#231;aises prosp&#232;res ne r&#233;siste pas &#224; un examen rationnel.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une autonomie sous d&#233;pendance&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'ex&#233;cutif justifie cependant sa position en montrant du doigt le milliard que les universit&#233;s auraient en r&#233;serve et qu'elles n'auraient pas d&#233;pens&#233;. Sans entrer dans un expos&#233; trop technique, rappelons que ces fonds de roulement constituent l'&#233;pargne des universit&#233;s : cette derni&#232;re sert &#224; financer leurs investissements mais il s'agit aussi d'une &#233;pargne de pr&#233;caution. En d'autres termes, tout n'y est pas mobilisable. Et encore ne faut-il ne pas se laisser abuser par l'origine de ce pr&#233;tendu tr&#233;sor : il r&#233;sulte le plus souvent d'&#233;conomies faites sur l'emploi des enseignants titulaires, qui n'a cess&#233; de se d&#233;grader depuis plusieurs ann&#233;es !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le proc&#232;s en mauvaise gestion fait aux universit&#233;s est d'autant moins honn&#234;te que l'existence de fonds de roulement importants d&#233;pend aussi des lacunes du pilotage de l'enseignement sup&#233;rieur, &#224; commencer par l'absence, point&#233;e par maints rapports, d'un syst&#232;me clair d'allocation des moyens aux universit&#233;s. L'application du mod&#232;le mis en place en 2009 &#8211; le controvers&#233; mod&#232;le SYMPA &#8211; avait conduit, selon la Cour des Comptes elle-m&#234;me, &#171; &#224; ent&#233;riner et &#224; compenser en partie le sous-financement relatif de certaines universit&#233;s, tout en maintenant, de mani&#232;re indue au regard du mod&#232;le, le sur-financement relatif des autres. &#187;[9] Son abandon de fait depuis 2017 n'a pas arrang&#233; les choses. La subvention pour charge de service public, que l'&#201;tat alloue aux universit&#233;s, pr&#233;sente des disparit&#233;s importantes pouvant aller du simple au double en termes de subvention par &#233;tudiant[10]. Cette situation conduit non seulement &#224; des iniquit&#233;s entre &#233;tablissements mais encore &#224; une opacit&#233; qui n'aide pas les universit&#233;s &#224; se projeter dans l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute une s&#233;rie de facteurs entrave une meilleure gestion des universit&#233;s. Le recours de plus en plus fr&#233;quent &#224; des appels &#224; projets pour financer des missions de base cr&#233;e un al&#233;a puisque, par d&#233;finition, tous les candidats n'ont pas vocation &#224; &#234;tre retenus. La compensation partielle voire inexistante de d&#233;cisions prises par l'&#201;tat oblige les universit&#233;s &#224; trouver elles-m&#234;mes les financements dont l'&#201;tat se d&#233;fausse : l'exemple le plus patent est celui de la non-compensation de l'augmentation du point d'indice dans la Fonction publique. Par ailleurs, la notification tardive de l'ensemble des ressources de l'ann&#233;e en cours met parfois les universit&#233;s dans l'impossibilit&#233; de les d&#233;penser correctement ! Enfin, tous les &#233;tablissements ne poss&#232;dent pas toujours, loin s'en faut, tous les personnels n&#233;cessaires pour concevoir et suivre des projets d'investissements lourds et ambitieux. Cela est particuli&#232;rement vrai pour les quelque 20 millions de m&#232;tres carr&#233;s d'immobilier universitaire dont l'&#201;tat se d&#233;charge, de fait, sur les &#233;tablissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ponction par l'&#201;tat du fonds de roulement des universit&#233;s trahit ainsi une conception particuli&#232;re de l'autonomie des universit&#233;s, c&#233;l&#233;br&#233;e &#224; l'envie mais qui se r&#233;v&#232;le &#234;tre celle du chien au bout de sa laisse. On alourdit les missions des universit&#233;s, en les sommant de trouver elles-m&#234;mes les marges de man&#339;uvre pour r&#233;pondre &#224; des exigences parfois contradictoires. On envisage de les soumettre &#224; une logique de performance sans jamais &#233;valuer les r&#233;sultats du train de r&#233;formes qu'elles ont subies depuis vingt ans[11]. Or, le syst&#232;me h&#233;rit&#233; de la loi de 2007 sur les universit&#233;s r&#233;v&#232;le toutes ses limites que les pr&#233;tendus &#171; succ&#232;s &#187; du classement de Shanghai ne peuvent occulter : l'&#233;chec en licence n'a pas recul&#233; de mani&#232;re significative (ce que la ministre a le m&#233;rite de reconna&#238;tre implicitement, en disant que nous n'avons pas encore gagn&#233; &#171; la bataille de l'orientation &#187;), les in&#233;galit&#233;s, tant sociales que g&#233;ographiques, se maintiennent et le service public d'enseignement sup&#233;rieur est affaibli au profit d'un secteur priv&#233; florissant. Si l'on souhaite pousser la logique de l'&#233;valuation jusqu'au bout, il faut aussi soumettre la politique de l'enseignement sup&#233;rieur men&#233;e depuis vingt ans &#224; un bilan sans concession.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une pens&#233;e complexe mais simpliste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous n'en prenons malheureusement pas le chemin. Habit&#233; par le dogme d'universit&#233;s sans probl&#232;me de moyens, le pr&#233;sident de la R&#233;publique intime d&#233;sormais aux &#233;tablissements de revoir leurs formations et d'&#171; avoir le courage de dire &#8220;on ne laisse pas ouvertes des formations parce qu'on a des profs sur ces formations&#8221; &#187;. Il faut certes avoir l'honn&#234;tet&#233; de reconna&#238;tre que l'offre de formation universitaire est non seulement sous-dimensionn&#233;e mais parfois mal dimensionn&#233;e. Toutefois, l'id&#233;e selon laquelle les universit&#233;s feraient preuve d'une forme de l&#226;chet&#233; corporatiste n'exprime pas, mais on en a l'habitude, le respect qu'elles seraient en droit d'attendre, ni une compr&#233;hension convenable d'un probl&#232;me &#233;minemment complexe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il rappeler que les universit&#233;s sont des &#233;tablissements d'enseignement et de recherche ? Les universitaires sont des enseignants-chercheurs dont la mission est aussi de construire des savoirs avant de les transmettre. Cette compl&#233;mentarit&#233; du lien enseignement-recherche a d'ailleurs &#233;t&#233; encourag&#233;e par l'&#201;tat lui-m&#234;me depuis la mise en place du LMD, au moins. Rediriger l'offre de formation universitaire sur des cycles courts &#224; des fins d'insertion professionnelle rapide, en fermant des formations plus longues mais fragiles, est une d&#233;cision qui n'est pas simple sur le plan pratique et qui est discutable sur le plan politique. Un tel objectif pose, en effet, la question du statut &#233;mancipateur des savoirs &#224; l'universit&#233; et de leur autonomie vis-&#224;-vis de finalit&#233;s ou d'int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines universit&#233;s seront-elles ainsi limit&#233;es &#224; des formations essentiellement professionnalisantes tandis que d'autres assumeront pleinement le lien enseignement-recherche dans des sp&#233;cialit&#233;s &#171; lib&#233;rales &#187; &#224; peu d'inscrits ? Bien entendu, on doit se demander quels seraient les effets sociaux d'une telle politique de refonte de l'offre de formation. Il y a certainement une certaine injustice &#224; engager des &#233;tudiants dans des &#233;tudes longues dont les perspectives professionnelles peuvent s'av&#233;rer incertaines ou d&#233;cevantes. Mais il ne serait pas moins injuste de mettre en place un syst&#232;me o&#249;, in fine, les &#233;tudes longues, particuli&#232;rement dans des disciplines rares, ne seraient offertes qu'&#224; celles et ceux issus des cat&#233;gories sociales les plus favoris&#233;es. Comme l'ont rappel&#233; des travaux r&#233;cents, il existe une aspiration populaire &#224; la poursuite d'&#233;tudes longues[12].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, on peut r&#233;torquer qu'une formation qui ne dipl&#244;me personne ne peut donner satisfaction &#224; quiconque ! Mais la question est bien de savoir pourquoi il peut exister un &#233;cart, parfois important, entre l'entr&#233;e dans une formation, la diplomation et l'insertion professionnelle. L&#224; encore, il n'y a pas de r&#233;ponse simpliste : les probl&#232;mes d'orientation peuvent &#234;tre l'une des causes mais les conditions m&#233;diocres d'encadrement, faute de moyens, aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces questions difficiles auraient pu trouver une r&#233;ponse dans le cadre de la coordination territoriale pr&#233;vue par la loi de 2013 mais cette derni&#232;re s'av&#232;re souvent d&#233;cevante parce que personne, et surtout pas l'&#201;tat, ne peut ou ne veut assumer un r&#244;le de r&#233;gulation. Ce dernier est pourtant indispensable, ne serait-ce que pour savoir que faire des &#171; profs &#187; qui animent les formations que l'&#201;tat entend mettre sur la sellette. Emmanuel Macron a beau jeu de d&#233;noncer le &#171; g&#226;chis collectif &#187; de l'orientation sans s'interroger sur celui qui consiste &#224; &#233;touffer les capacit&#233;s de recherche et de cr&#233;ation des universitaires, &#233;puis&#233;s par le d&#233;nuement structurel des universit&#233;s fran&#231;aises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;ducation nationale, en g&#233;n&#233;ral, et l'enseignement sup&#233;rieur, en particulier, ne sauraient &#234;tre le domaine r&#233;serv&#233; d'un seul homme, de surcro&#238;t constitutionnellement irresponsable. On aimerait donc, une fois encore, mais sans doute vainement, que le pouvoir fasse preuve de plus d'&#233;coute et de consid&#233;ration envers l'ensemble des acteurs de l'enseignement sup&#233;rieur et de la recherche, &#224; commencer par celles et ceux qui enseignent et qui recherchent, malgr&#233; des r&#233;formes incessantes qui, avec le temps, ont d&#233;montr&#233; leurs limites voire leur nocivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gabriel Galvez-Behar&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Historien, Professeur d'histoire contemporaine &#224; l'Universit&#233; de Lille (UMR IRHIS) et doyen de la Facult&#233; des Humanit&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Voir &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/campus/article/2023/09/08/le-gouvernement-somme-les-universites-de-mieux-gerer-leurs-fonds-et-de-contribuer-a-reduire-la-dette-publique_6188493_4401467.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Monde&lt;/a&gt;, 8 septembre 2023.&lt;br class='autobr' /&gt;
[2] Alice Bouviala, &#171; &#8220;Il faut prendre le taureau par les cornes et r&#233;fl&#233;chir au mod&#232;le &#233;conomique des universit&#233;s&#8221; (Sylvie Retailleau) &#187;, AEF, d&#233;p&#234;che n&#176; &lt;a href=&#034;https://www.aefinfo.fr/depeche/698856-il-faut-prendre-le-taureau-par-les-cornes-et-reflechir-au-modele-economique-des-universites-sylvie-retailleau&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;698856&lt;/a&gt;, 8 septembre 2023, en ligne, consult&#233; le 12 septembre 2023.&lt;br class='autobr' /&gt;
[3] Voir Le Point, 24 ao&#251;t 2023.&lt;br class='autobr' /&gt;
[4] Gabrielle Fack et &#201;lise Huillery, &lt;a href=&#034;https://www.cae-eco.fr/enseignement-superieur-pour-un-investissement-plus-juste-et-plus-efficace&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Enseignement sup&#233;rieur : pour un investissement plus juste et plus efficace &#187;&lt;/a&gt;, Notes du Conseil d'analyse &#233;conomique, n&#176; 68, 2021, p. 2.&lt;br class='autobr' /&gt;
[5] &#201;tat de l'Enseignement sup&#233;rieur, de la Recherche et de l'Innovation en France, 2022,&lt;a href=&#034;https://publication.enseignementsup-recherche.gouv.fr/eesr/FR/EESR16_ES_01/la_depense_d_education_pour_l_enseignement_superieur/#ILL_EESR16_ES_01_04&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;tableau 01.01.&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[6] Pour le d&#233;tail de cette estimation, voir ma note de blog : &#171; Les heures d'enseignement dans le sup&#233;rieur &#187;, 14 septembre 2023, consult&#233; le 14 septembre 2023.&lt;br class='autobr' /&gt;
[7] &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1787/8b532813-fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;OCDE&lt;/a&gt;, 2022 ; OCDE, Indicateurs de financement de l'&#233;ducation : C1.3 : Croissance annuelle moyenne des d&#233;penses totales consacr&#233;es aux &#233;tablissements d'enseignement par &#233;tudiant &#233;quivalent temps plein (2012 &#224; ann&#233;e s&#233;lectionn&#233;e).&lt;br class='autobr' /&gt;
[8] Idem.&lt;br class='autobr' /&gt;
[9] Cour des Comptes, &lt;a href=&#034;https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/EzPublish/20150930-autonomie-financiere-universites.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'autonomie financi&#232;re des universit&#233;s : une r&#233;forme &#224; poursuivre&lt;/a&gt;, septembre 2015, p. 83.&lt;br class='autobr' /&gt;
[10] Sur ce point, voir l'&#233;tude du SNESUP, &lt;a href=&#034;https://www.snesup.fr/article/inegalites-de-dotation-quels-sont-les-taux-dencadrement-et-les-budgets-par-etudiant-des-universites-et-etablissements-denseignement-superieur-publics&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;In&#233;galit&#233;s de dotation : quels sont les taux d'encadrement et les budgets par &#233;tudiant des universit&#233;s et &#233;tablissements d'enseignement sup&#233;rieur publics&lt;/a&gt;, en ligne, consult&#233; le 12 septembre 2023.&lt;br class='autobr' /&gt;
[11] Voir le rapport du s&#233;nateur Philippe Adnot, &lt;a href=&#034;https://www.senat.fr/rap/r19-130/r19-130.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le financement &#224; la performance : Une condition de l'attractivit&#233; des universit&#233;s fran&#231;aises&lt;/a&gt;, rapport d'information n&#176; 130, 2019, en ligne, consult&#233; le 12 septembre 2023.&lt;br class='autobr' /&gt;
[12] C&#233;dric Hugr&#233;e et Tristan Poullaouec, L'universit&#233; qui vient. Un nouveau r&#233;gime de s&#233;lection scolaire, Raisons d'agir, 2022.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Quelques &#233;l&#233;ments pour une estimation du poids des heures compl&#233;mentaires et des heures de vacation dans l'enseignement sup&#233;rieur :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : Panorama des personnels enseignants dans l'enseignement sup&#233;rieur, 2021. ISBN : 978-2-11-172298-9, juin 2023.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; En 2021, 68536 personnels enseignants titulaires (p. 13) dont 13130 enseignants 1er et 2d degr&#233; -&gt; Potentiel heures enseignement statutaire : (68536+13130)*192= 15 679 872 h
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; En 2021, 27 912 ETP de contractuels (p. 51) Estimation des heures statutaires (192 pour un ATER, 64h pour un doctorant, etc) : 3 421 120 h
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; En 2021, r&#233;mun&#233;ration des personnels titulaires consacr&#233;es aux cours compl&#233;mentaires : 207 200 K&#8364; ; r&#233;mun&#233;ration des personnels contractuels consacr&#233;es aux heures compl&#233;mentaires : 117 600 K&#8364; (p. 114) -&gt; 324 800 000 &#8364;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Co&#251;t charg&#233; de l'heure compl&#233;mentaire : 43,48&#8364;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source heures vacataires : &lt;a href=&#034;https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/sites/default/files/2023-07/enseignants-contractuels-2022-tableaux-28634.xlsx&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/sites/default/files/2023-07/enseignants-contractuels-2022-tableaux-28634.xlsx&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Enseignants titulaires&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Enseignants contractuels&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Agents vacataires&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Total&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Obligations de service (estimation large en heures)&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;15 679 872&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;3 421 120&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;n&#233;ant&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;19 100 192&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Heures compl&#233;mentaires/Vacations&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;4 765 409&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;2 704 691&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;5 104 474&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;12 574 502&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Total&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;20 445 281&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;6 125 739&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;5 104 474&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;31 674 694&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les heures d'enseignement dans le sup&#233;rieur</title>
		<link>http://ggb.ouvaton.org/spip.php?article93</link>
		<guid isPermaLink="true">http://ggb.ouvaton.org/spip.php?article93</guid>
		<dc:date>2023-09-14T10:53:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>GGB</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;O&#249; l'on essaie de mesurer le poids des heures d'enseignement du sup&#233;rieur r&#233;alis&#233;es par des non-titulaires.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://ggb.ouvaton.org/spip.php?rubrique27" rel="directory"&gt;Sur l'enseignement sup&#233;rieur et la recherche en g&#233;n&#233;ral&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors qu'un d&#233;bat s'installe sur les moyens des universit&#233;s suite aux propos pol&#233;miques du chef de l'&#201;tat, on essaie de mesurer le poids des heures d'enseignement du sup&#233;rieur r&#233;alis&#233;es par des non-titulaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 2014, l'Inspection g&#233;n&#233;rale de l'administration de l'&#201;ducation nationale et de la Recherche souligne qu'&#171; il n'existe pas, au niveau national, de donn&#233;es sur les charges d'enseignement engendr&#233;es par l'offre de formation des universit&#233;s. &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Inspection g&#233;n&#233;rale de l'administration de l'&#201;ducation nationale et de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#192; ma connaissance, la situation ne s'est pas r&#233;ellement am&#233;lior&#233;e. Il faut donc proc&#233;der &#224; une estimation &#224; partir des effectifs des enseignants, de leurs obligations de service et des donn&#233;es &#233;parses disponibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'obligation de service d'un enseignant-chercheur est de 192 heures d'enseignement &#224; l'ann&#233;e. Celle d'un enseignant du second degr&#233; affect&#233; &#224; l'enseignement sup&#233;rieur est de 384 heures. Parmi les personnels non-titulaires, les attach&#233;s temporaires d'enseignement et de recherche ont &#233;galement un service de 192 heures, un contractuel d'enseignement sur support de second degr&#233; doit, &#224; temps plein, effectuer 384 heures. Les doctorants qui se voient confier des missions d'enseignement ne peuvent pas effectuer plus de 64 heures. Il faut aussi tenir compte du statut particulier de certains personnels de l'enseignement sup&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2021, on comptait 68 536 personnels enseignants titulaires, dont 13 130 enseignants des premier et second degr&#233;s, et 27 912 de contractuels&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Panorama des personnels enseignants dans l'enseignement sup&#233;rieur. 2021, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Sur la base des obligations de service mentionn&#233;es supra, il est possible d'estimer le nombre d'heures du potentiel d'heures d'enseignement statutaires (voir tableau).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me ann&#233;e, la r&#233;mun&#233;ration des cours compl&#233;mentaires s'&#233;levait &#224; 207 200 K&#8364; pour les enseignants titulaires et &#224; 117 600 K&#8364; pour les enseignants non-titulaires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem, p. 114&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En tenant compte du diff&#233;rentiel de r&#233;mun&#233;ration de ces heures (45&#8364;/h brut charg&#233; pour un enseignant ; 60&#8364;/h pour un non-fonctionnaire), il est, l&#224; aussi possible de proc&#233;der &#224; une estimation. Quant aux plus de 152 000 vacataires employ&#233;s dans l'enseignement sup&#233;rieur, ils effectuent un total de 5 104 474 heures&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Les enseignants contractuels affect&#233;s dans l'enseignement sup&#233;rieur &#8211; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette estimation, sans doute grossi&#232;re mais conforme &#224; la r&#233;alit&#233; de ce qui est v&#233;cu dans plusieurs &#233;tablissements, m&#233;riterait d'&#234;tre pr&#233;cis&#233;e gr&#226;ce &#224; la mise &#224; disposition de donn&#233;es sur la charge d'enseignement au niveau national. En l'&#233;tat, elle fait clairement appara&#238;tre un manque cruel d'enseignants titulaires dans l'enseignement sup&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;caption&gt;Estimation du nombre d'heures d'enseignement (en heures &#233;quivalent TD)&lt;/caption&gt;
&lt;thead&gt;&lt;tr class='row_first'&gt;&lt;th id='idcd83_c0'&gt; &lt;/th&gt;&lt;th id='idcd83_c1'&gt;Enseignants-titulaires&lt;/th&gt;&lt;th id='idcd83_c2'&gt;Enseignants contractuels&lt;/th&gt;&lt;th id='idcd83_c3'&gt;Enseignants vacataires&lt;/th&gt;&lt;th id='idcd83_c4'&gt;Total&lt;/th&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='idcd83_c0'&gt;Sur obligation de service&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idcd83_c1'&gt;15 679 872&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idcd83_c2'&gt;3 421 120&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idcd83_c3'&gt;-&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idcd83_c4'&gt;19 100 992&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='idcd83_c0'&gt;Sur heures compl&#233;mentaires ou vacations&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idcd83_c1'&gt;3 453 333&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idcd83_c2'&gt;1 960 000&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idcd83_c3'&gt;5 104 474&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idcd83_c4'&gt;10 517 807&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='idcd83_c0'&gt;Total&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idcd83_c1'&gt;19 133 205&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idcd83_c2'&gt;5 381 120&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idcd83_c3'&gt;5 104 474&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idcd83_c4'&gt;29 618 799&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Inspection g&#233;n&#233;rale de l'administration de l'&#201;ducation nationale et de la Recherche, &#034;&lt;a href=&#034;https://medias.vie-publique.fr/data_storage_s3/rapport/pdf/154000330.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La gestion des heures d'enseignement au regard de la carte des formations sup&#233;rieures&lt;/a&gt;&#034;, n&#176; 035, juin 2014, p. 9, en ligne, consult&#233; le 12 septembre 2023.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/sites/default/files/2023-09/panorama-2021-29070.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Panorama des personnels enseignants dans l'enseignement sup&#233;rieur. 2021&lt;/a&gt;, juin 2023, p. 13 et 51, en ligne, consult&#233; le 12 septembre 2023.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Idem, p. 114&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Les enseignants contractuels affect&#233;s dans l'enseignement sup&#233;rieur &#8211; ann&#233;e 2022 &#187;, Note de la DGRH &#8211; Enseignement sup&#233;rieur, n&#176; 4, mai 2023, donn&#233;es annexes : &lt;a href=&#034;https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/sites/default/files/2023-07/enseignants-contractuels-2022-tableaux-28634.xlsx&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Situation des personnels contractuels dans l'enseignement sup&#233;rieur &#187;&lt;/a&gt;, tableaux 17 et 18, en ligne, consult&#233; le 12 septembre 2023. Cette ann&#233;e a &#233;t&#233; choisie plut&#244;t que l'ann&#233;e 2021 car l'enqu&#234;te sur les enseignants vacataires est plus compl&#232;te en 2022.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D'une &#233;lection &#224; l'autre</title>
		<link>http://ggb.ouvaton.org/spip.php?article88</link>
		<guid isPermaLink="true">http://ggb.ouvaton.org/spip.php?article88</guid>
		<dc:date>2021-11-13T12:50:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>GGB</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Les urnes ont parl&#233;. Elles doivent parler &#224; nouveau. Pour ne pas enti&#232;rement d&#233;pendre des personnalit&#233;s ext&#233;rieures, la future &#233;lection &#224; la Pr&#233;sidence de l'Universit&#233; de Lille pourrait n&#233;cessiter des coalitions. Encore faut-il que ces derni&#232;res reposent sur des bases coh&#233;rentes et transparentes.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://ggb.ouvaton.org/spip.php?rubrique27" rel="directory"&gt;Sur l'enseignement sup&#233;rieur et la recherche en g&#233;n&#233;ral&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les urnes ont parl&#233;. Elles doivent parler &#224; nouveau. Pour ne pas enti&#232;rement d&#233;pendre des personnalit&#233;s ext&#233;rieures, la future &#233;lection &#224; la Pr&#233;sidence de l'Universit&#233; de Lille pourrait n&#233;cessiter des coalitions. Encore faut-il que ces derni&#232;res reposent sur des bases coh&#233;rentes et transparentes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;lections aux conseils centraux de la nouvelle Universit&#233; de Lille se sont tenues du 8 au 10 novembre. Particuli&#232;rement importantes pour l'&#233;tablissement, ses personnels et ses usagers, ces &#233;lections le sont aussi pour son environnement. Comment ne pas se soucier du sort d'une universit&#233; de plus de 80000 &#233;tudiant.e.s, de plus de 8000 personnels, forte d'une budget d&#233;passant les 600 millions d'&#8364; ? Ce billet tente donc d'apporter un &#233;clairage sur ce scrutin qui concernait les trois conseils centraux de l'Universit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, on se penchera ici sur le r&#233;sultat des &#233;lections au conseil d'administration, qui proc&#233;dera dans moins d'un mois &#224; l'&#233;lection du pr&#233;sident ou de la pr&#233;sidente. D'ici l&#224;, le nouveau conseil d'administration va d'abord &#234;tre compl&#233;t&#233; par des personnalit&#233;s ext&#233;rieures &#233;lues avant de proc&#233;der, dans sa formation pl&#233;ni&#232;re, &#224; l'&#233;lection du pr&#233;sident ou de la pr&#233;sidente. S'il n'est jamais facile d'interpr&#233;ter des r&#233;sultats &#233;lectoraux - dans la mesure o&#249; les &#233;lecteurs peuvent parfois avoir des motifs contradictoires et o&#249; les consid&#233;rations personnelles peuvent s'av&#233;rer d&#233;terminantes -, ces derniers font toutefois appara&#238;tre des lignes de force qu'il n'est pas inutile de souligner en vue des &#233;ch&#233;ances prochaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des r&#233;sultats &#233;clat&#233;s mais pas fa&#231;on puzzle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Nom de la liste&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Coll&#232;ge A&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Coll&#232;ge B&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Coll&#232;ge BIATS&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Nombre total de voix obtenues&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Pourcentage&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Nombre de si&#232;ges&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;&#201;lan collectif&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;418&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;460&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;388&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1266&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;33,08 %&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;9&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Pour une alternative &#224; l'Epex&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;103&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;508&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;434&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1045&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;27,31 %&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;6&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Servir l'universit&#233; de Lille&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;166&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;300&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;237&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;703&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;18,37 %&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;4&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Si notre avenir &#233;tait l'humain !&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Pas de candidat&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Pas de candidat&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;280&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;280&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;7,32 %&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;La forge tranquille&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Pas de candidat&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Pas de candidat&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;181&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;181&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;4,73 %&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Collectif Cari-Bou&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Pas de candidat&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Pas de candidat&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;153&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;153&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;4,00 %&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Sgen&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Pas de candidat&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Pas de candidat&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;115&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;115&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;3,00 %&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;0&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Sunir&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Pas de candidat&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Pas de candidat&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;84&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;84&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;2,19 %&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;0&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Total&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;687&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1268&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1872&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;3827&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;100,00 %&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;22&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;L'examen des r&#233;sultats sur les coll&#232;ges A, B et BIATS fait appara&#238;tre plusieurs &#233;l&#233;ments :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; De mani&#232;re globale, la participation est moyenne. Sur les 6917 inscrits, on d&#233;nombre 4107 votants soit une participation de 59%. En 2017, pour les &#233;lections de l'Universit&#233; de Lille (dans l'ancien p&#233;rim&#232;tre), ce taux avait &#233;t&#233; de 63%&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Contrairement &#224; l'usage, j'ai inclus les nuls et blancs dans ce calcul mais (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On aurait pu imaginer qu'un tel scrutin, qui pose les bases d'un nouveau type d'&#233;tablissement, suscite plus d'int&#233;r&#234;t.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les r&#233;sultats s'av&#232;rent presque invers&#233;s en rang A, d'une part, et en rang B et BIATS de l'autre. Cela d&#233;note d'une ligne de facture dont tous les candidat.e.s &#224; la pr&#233;sidence devront avoir conscience. Ce constat confirme malheureusement le diagnostic d'une communaut&#233; divis&#233;e.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Au global, la liste &#171; &#201;lan collectif &#187; l'emporte avec un tiers des voix sur l'ensemble des coll&#232;ges des personnels. Elle devance la liste &#171; Alternative ... &#187; de plus de 200 voix et la liste &#171; Servir &#187; de plus de 550 voix. Pour autant, malgr&#233; le jeu des primes majoritaires, qui s'est retrouv&#233; neutralis&#233; &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt;, elle ne parvient pas &#224; obtenir la majorit&#233; absolue chez les personnels. Pour cela, il faudrait qu'elle obtienne le soutien de l'ensemble des listes BIATS qui n'ont pas port&#233; de candidat.e.s en coll&#232;ge A et B, ce qui est peu probable.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La liste &#171; Alternative ... &#187; est premi&#232;re en coll&#232;ge B et BIATS. Pour autant, son r&#233;sultat en coll&#232;ge BIATS appara&#238;t quelque peu en retrait par rapport aux &#233;lections ant&#233;rieures : alors qu'en 2017 les voix de la FSU et de la CGT repr&#233;sentaient plus de 28% des suffrages exprim&#233;s en coll&#232;ge BIATS, la liste &#171; Alternative... &#187; atteint 23% des suffrages en 2021.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le vote &#233;lectronique emp&#234;che toute analyse bureau de vote par bureau de vote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces chiffres inspirent quelques enseignements plus politiques :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'EPE n'a pas suscit&#233; l'enthousiasme, ni pour, ni contre, comme l'atteste l'augmentation de l'abstention ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La liste s'&#233;tant clairement oppos&#233;e &#224; l'EPE ne recueille pas la majorit&#233; des personnels. Cela ne signifie pas pour autant que les suffrages qui se sont port&#233;s sur des listes pro-EPE (&#171; &#201;lan collectif &#187; et &#171; Servir &#187;) aient n&#233;cessairement &#233;t&#233; des votes d'adh&#233;sion &#224; l'EPE mais il n'y a pas de majorit&#233; pour l'alternative qui &#233;tait clairement une sortie de l'EPE.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Derri&#232;re les oppositions de liste, ne retrouve-t-on pas des oppositions de composantes ? Cela n'est pas &#233;vident m&#234;me si les listes reposent sur des points d'appui assez identifiables. Ainsi, si l'on &#233;tudie les &lt;a href=&#034;https://servirulille.fr/soutiens/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;soutiens de la liste &#171; Servir &#187;&lt;/a&gt; on note que plus de 25% des soutiens proviennent de la FST et 17% de la FASEST, composantes de l'ex-Universit&#233; Lille 1. Si l'on fait le m&#234;me exercice pour &lt;a href=&#034;https://elancollectif.fr/contact/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la liste &#171; &#201;lan collectif &#187;&lt;/a&gt;, plus de 25% des soutiens proviennent de l'UFR3S (Sant&#233;) et environ 15% de la FST&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il faudrait en toute rigueur comparer ces taux avec ceux de la r&#233;partition (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Si certaines composantes semblent nettement pencher pour certaines listes, d'autres sont plus divis&#233;es. La fusion des universit&#233;s a fait son &#339;uvre et il semble bien exister une dynamique inter-campus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Les r&#233;sultats du coll&#232;ge Usagers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec un taux de participation de 10,44% les &#233;lections du coll&#232;ge Usagers se caract&#233;risent pas un tr&#232;s fort taux d'abstention, malheureusement assez habituel en la mati&#232;re. Toutefois, contrairement aux &#233;lections des personnels, ces &#233;lections ont vu une progression du taux de participation de deux points par rapport &#224; 2017 (il &#233;tait alors de 8,47%).&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Nom de la liste&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Nombre de voix&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Pourcentages&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Nombre de si&#232;ges&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Unef et Alter'Eco&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;2065&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;32,66 %&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;2&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;FSE et Solidaires pour une alternative &#224; l'EPE&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1344&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;21,26 %&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;InterAsso&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1220&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;19,30 %&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Gallil' &amp; Vous&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;736&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;11,64 %&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;UNI&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;628&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;9,93 %&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Active ta Fac&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;329&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;5,20 %&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;0&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Total&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;6322&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;100,00 %&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;6&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;sultats font, en effet, appara&#238;tre des &#233;volutions importantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Tout d'abord l'UNEF et la liste AlterEco parviennent &#224; effacer l'&#233;chec de l'UNEF de 2017. Cette ann&#233;e-l&#224;, l'UNEF avait obtenu 920 voix et un seul si&#232;ge au conseil d'administration. Au-del&#224; de l'apport des voix de la liste AlterEco (centr&#233;e, je crois, sur le p&#233;rim&#232;tre de Sciences Po Lille), la progression est tr&#232;s notable.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#192; l'oppos&#233; du spectre politique, l'&#233;lection voit l'entr&#233;e de l'UNI au Conseil d'administration. L&#224; encore, la progression est importante puisque l'UNI n'avait recueilli que 356 voix en 2017.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La liste &#171; InterAsso &#187; recule nettement par rapport &#224; 2017, o&#249; elle avait obtenu 2875 voix et 3 si&#232;ges au CA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, quelques enseignements semblent se dessiner :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Au-del&#224; de l'abstention massive, les syndicats &#233;tudiants classiques semblent retrouver une dynamique perdue.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pour celles et ceux qui se sont exprim&#233;s, les &#233;tudiantes et les &#233;tudiants sont majoritairement oppos&#233;s &#224; l'EPE. Cela montre bien que ce projet ne les a pas convaincu.e.s, sans doute parce qu'il ne r&#233;pond pas &#224; leurs attentes qui n&#233;cessitent pourtant une r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles perspectives pour l'&#233;lection du pr&#233;sident ou de la pr&#233;sidente ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeu des primes majoritaires et de l'attribution au plus fort reste de certains si&#232;ges fait appara&#238;tre un conseil d'administration plus &#233;quilibr&#233; mais aussi plus incertain. Alors que certains redoutaient (ou esp&#233;raient) une gouvernance personnelle, l'EPE supposera une bonne part de logique parlementaire, ce qui est, de mon point de vue, une tr&#232;s bonne chose.&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Bloc&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Si&#232;ges&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;&#201;lan collectif&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;9&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Servir&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;4&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Alternative&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;6&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&#201;tudiants contre l'EPE&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;3&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Autres personnels&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;3&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Autres &#233;tudiants&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;3&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Repr&#233;sentant &#233;coles&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Ext&#233;rieurs nomm&#233;s&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;8&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Ext&#233;rieurs &#233;lus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces membres ext&#233;rieurs sont &#233;lus par les autres membres du CA&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;7&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Total&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;44&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Majorit&#233; absolue&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;23&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Total &#233;lu.e.s hors ext&#233;rieurs&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;29&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Total &#233;lu.e.s hors ext&#233;rieurs &#233;lus&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;37&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs ph&#233;nom&#232;nes semblent appara&#238;tre &#224; la lecture de ce tableau :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Comme on l'a dit, il n'y a pas de majorit&#233; nette au sein des &#233;lu.e.s repr&#233;sentant la &#171; communaut&#233; universitaire &#187; de l'&#233;tablissement au sens strict, c'est &#224; dire hors ext&#233;rieurs.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les listes qui n'ont pas remis en cause l'EPE (&#171; &#201;lan collectif &#187; et &#171; Servir &#187;) totalisent 13 voix au minimum et les listes oppos&#233;es (&#171; Alternative... &#187;, &#171; Unef et Alter'Eco &#187;) 9.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; De ce fait, aucune liste ne peut esp&#233;rer avoir la majorit&#233; absolue en ne comptant que sur les voix des &#233;lu.e.s. &lt;i&gt;Le r&#244;le des ext&#233;rieurs s'av&#233;rera d&#233;terminant dans tous les cas&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des bases claires et coh&#233;rentes pour une nouvelle &#233;tape &#233;lectorale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus &#233;lectoral n'est pas achev&#233; et l'&#233;lection des 7 ext&#233;rieurs pr&#233;vue par les statuts va s'av&#233;rer extr&#234;mement importante&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette &#233;lection se fait &#224; la majorit&#233; simple&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais elle sera d&#233;j&#224; arbitr&#233;e par les 8 ext&#233;rieurs nomm&#233;s &#232;s qualit&#233;. Il est fort probable que cette &#233;lection soit l'enjeu de coalitions multiples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question qui se pose est de savoir sur quelle base se feront ces alliances. Il serait tout &#224; fait d&#233;sastreux que la communaut&#233; universitaire construise son avenir sur la base d'accords opaques. Certaines candidatures ont &#233;t&#233; dict&#233;es par les circonstances dues au retrait de la course du pr&#233;sident sortant. Il ne faudrait pas que les possibles alliances soient &#233;galement des rapprochements de circonstance et qu'elles aboutissent &#224; des accords sans coh&#233;rence sur le fond. La campagne &#233;lectorale a d&#233;j&#224; montr&#233; qu'elles &#233;taient les bases de divergence ou d'accord possibles. Il serait donc tout aussi d&#233;sesp&#233;rant de voir les personnalit&#233;s ext&#233;rieures constituer l'arbitre de contradictions internes &#224; notre communaut&#233; universitaire que de voir cette derni&#232;re condamn&#233;e &#224; des bricolages improbables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque liste doit donc prendre clairement ses responsabilit&#233;s, au-del&#224; de consid&#233;rations personnelles, en affichant clairement ses intentions et en les faisant conna&#238;tre largement. Pour ne pas enti&#232;rement d&#233;pendre des personnalit&#233;s ext&#233;rieures, la future &#233;lection &#224; la Pr&#233;sidence de l'Universit&#233; de Lille peut n&#233;cessiter des coalitions. Encore faut-il que ces derni&#232;res reposent sur des bases coh&#233;rentes et port&#233;es &#224; la connaissance de l'ensemble de la communaut&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Contrairement &#224; l'usage, j'ai inclus les nuls et blancs dans ce calcul mais en faisant de m&#234;me pour les deux ann&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il faudrait en toute rigueur comparer ces taux avec ceux de la r&#233;partition des personnels dans l'ensemble de l'Universit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ces membres ext&#233;rieurs sont &#233;lus par les autres membres du CA&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette &#233;lection se fait &#224; la majorit&#233; simple&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Faire l'Universit&#233;</title>
		<link>http://ggb.ouvaton.org/spip.php?article87</link>
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		<description>
&lt;p&gt;Le d&#233;fi principal du futur &#233;tablissement exp&#233;rimental sera d'&#234;tre une universit&#233; sans plus en avoir le statut , en regroupant des composantes h&#233;t&#233;rog&#232;nes avec des &#233;coles qui ne le sont pas moins tout en cherchant &#224; conserver les moyens de l'ISITE. Un tel d&#233;fi n'est pas simple car il s'impose dans un double contexte : celui de l'ordonnance de 2018 sur les &#233;tablissements publics exp&#233;rimentaux, qui est sans doute la plus importante depuis 1968, et celui d'une fragilisation globale des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://ggb.ouvaton.org/spip.php?rubrique27" rel="directory"&gt;Sur l'enseignement sup&#233;rieur et la recherche en g&#233;n&#233;ral&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le d&#233;fi principal du futur &#233;tablissement exp&#233;rimental sera d'&#234;tre une universit&#233; sans plus en avoir le statut&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cela dit, il n'est pas n&#233;cessaire de f&#233;tichiser le statut h&#233;rit&#233; de la loi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, en regroupant des composantes h&#233;t&#233;rog&#232;nes avec des &#233;coles qui ne le sont pas moins tout en cherchant &#224; conserver les moyens de l'ISITE. Un tel d&#233;fi n'est pas simple car il s'impose dans un double contexte : celui de l'ordonnance de 2018 sur les &#233;tablissements publics exp&#233;rimentaux, qui est sans doute la plus importante depuis 1968, et celui d'une fragilisation globale des universit&#233;s &#224; l'&#233;chelle du monde et dont l'explosion de la dette &#233;tudiante aux &#201;tats-Unis est sans doute l'un des sympt&#244;mes les plus marquants. Un autre &#233;l&#233;ment de d&#233;stabilisation r&#233;side dans la tension, toujours pr&#233;sente mais peut-&#234;tre accrue ces derniers temps, entre deux missions assign&#233;es &#224; l'Universit&#233; : former &#224; la recherche par la recherche - dans une tradition un peu mythifi&#233;e de l'universit&#233; humboldtienne -, d'une part, former au &#171; pr&#234;t-&#224;-l'emploi &#187; de l'autre. Cette tension a toujours exist&#233; &#224; l'universit&#233;, elle lui est sans doute consubstantielle mais elle doit toujours &#234;tre d&#233;pass&#233;e gr&#226;ce &#224; un projet clair par lequel l'Universit&#233; se r&#233;invente et &#233;vite tout conflit des facult&#233;s d&#233;l&#233;t&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Universit&#233; au pied du mur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne suffit pas, en effet, de se rassembler derri&#232;re une banni&#232;re &#171; Universit&#233; &#187; pour en constituer une. En cette mati&#232;re comme dans d'autres, le &lt;i&gt;naming&lt;/i&gt; est un nominalisme incons&#233;quent. Avant de pr&#233;tendre former une communaut&#233;, il n'est pas inutile de conna&#238;tre les diff&#233;rences des &#233;l&#233;ments qui sont cens&#233;s la constituer. Dans son p&#233;rim&#232;tre actuel l'Universit&#233; de Lille rassemble d&#233;j&#224; des entit&#233;s h&#233;t&#233;rog&#232;nes, qu'il s'agisse d'unit&#233;s de formation et de recherche (parfois rebaptis&#233;es &#171; facult&#233;s &#187;) ou d'&#233;coles internes. Demain, cette h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; sera renforc&#233;e avec la pr&#233;sence d'une &#233;cole ayant un statut associatif (l'&#201;cole sup&#233;rieure de journalisme), d'un &#233;tablissement public administratif (Sciences Po Lille), d'une &#233;cole d'architecture (l'ENSAPL) et d'un &#233;tablissement public &#224; caract&#232;re scientifique, culturel et professionnel (l'ENSAIT). Ces &#233;coles sont amen&#233;es &#224; conserver leur personnalit&#233; morale et juridique (la fameuse PMJ) et b&#233;n&#233;ficieront d'un droit de sortie de l'EPE qui est &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; retir&#233; &#224; l'universit&#233; actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; institutionnelle s'ajoute une h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; &#233;conomique et sociale qui r&#233;sulte de la fusion des trois universit&#233;s lilloises. Pour ma part, c'est une r&#233;alit&#233; que je pointe depuis assez longtemps (voir notamment &lt;a href=&#034;http://ggb.ouvaton.org/spip.php?article71&#034;&gt;l&#224;&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;https://twitter.com/ggalvezbehar/status/1123272590649438208&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l&#224;&lt;/a&gt;). Mieux vaut quelques graphiques que de longs discours. Ces derniers reposent sur les donn&#233;es des tableaux de bord utilis&#233;s pour le dialogue de gestion men&#233;s au printemps 2020. Cela explique la pr&#233;sence de certaines composantes qui n'avaient pas encore fusionn&#233; avec d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_69 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://ggb.ouvaton.org/IMG/png/ms_eec_etu_2020.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://ggb.ouvaton.org/local/cache-vignettes/L500xH281/ms_eec_etu_2020-f0d4d.png?1739654962' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_70 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://ggb.ouvaton.org/local/cache-vignettes/L500xH315/ms_biats_etu_2020-21709.png?1739654962' width='500' height='315' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_72 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://ggb.ouvaton.org/local/cache-vignettes/L500xH355/boursiers-2-aa099.png?1739654962' width='500' height='355' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Globalement, ces disparit&#233;s sont connues depuis 2018. Elles r&#233;sultent en fait des diff&#233;rences fondamentales qui caract&#233;risait la situation &#233;conomique des trois universit&#233;s lilloises &lt;a href=&#034;https://twitter.com/ggalvezbehar/status/918834988526850048&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;avant la fusion&lt;/a&gt;. Elles-m&#234;mes d&#233;coulent d'un h&#233;ritage d&#251; &#224; la diff&#233;rence de statut des disciplines dans les diff&#233;rents mod&#232;les d'attribution des moyens par le minist&#232;re (San Remo puis Sympa puis plus rien du tout) et aussi aux diff&#233;rences institutionnelles &#233;voqu&#233;es plus haut : les IUT ou les &#233;coles d'ing&#233;nieurs, fussent-elles internes, ont &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; un statut &#233;conomique diff&#233;rent, notamment gr&#226;ce au poids des ressources propres. Il n'en demeure pas moins que, dans sa situation actuelle, l'Universit&#233; de Lille est le terrain de fortes in&#233;galit&#233;s entre composantes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut bien comprendre l'enjeu de telles diff&#233;rences. Certes, ces &#233;carts sont pour partie explicables. Certaines composantes g&#232;rent leurs b&#226;timents, d'autre pas. Par ailleurs, on peut comprendre, en effet, que certaines disciplines exp&#233;rimentales n&#233;cessitent plus de personnels techniques que d'autres. Toutefois, ces distinctions si &#233;videntes ne sont-elles pas d'un autre &#226;ge ? Pourquoi une formation en physique n&#233;cessiterait-elle plus de moyens qu'une formation en arts o&#249; la dimension pratique est tout aussi importante ? Pourquoi un master sur les m&#233;tiers de l'&#233;dition aurait-il un encadrement moins important qu'une formation en biologie ? La distinction exp&#233;rimental/non-exp&#233;rimental a sensiblement boug&#233; depuis plusieurs d&#233;cennies. N'est-il pas temps de l'admettre et d'en tirer les cons&#233;quences plut&#244;t que de conserver des rentes disciplinaires ?&lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, l'ordre de grandeur de ces in&#233;galit&#233;s les rend pour partie incompr&#233;hensibles et donc ill&#233;gitimes. Qu'il ait fallu r&#233;unir un groupe de travail la derni&#232;re ann&#233;e du mandat pour en convenir est sans doute une bonne illustration du &#171; mieux vaut tard que jamais &#187;. Une telle d&#233;marche &#233;tait d'autant plus n&#233;cessaire que ces in&#233;galit&#233;s sont insupportables. En effet, il est tout de m&#234;me difficile d'admettre que les composantes les plus mal dot&#233;es soient pr&#233;cis&#233;ment celles o&#249; le taux de boursiers est le plus important vis-&#224;-vis des &#233;tudiant.e.s. Il y a l&#224; un principe qui s'apparente &#224; une forme de discrimination indirecte. Mais la situation n'est pas meilleure pour les personnels, enseignants comme administratifs, qui n'ont pas les m&#234;mes conditions de travail qui s'av&#232;rent, dans certains cas, tout bonnement intenables.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Universit&#233; de Lille est donc mise au pied du mur. Tous les discours sur la &#171; grande et belle universit&#233; &#187;, sur le mod&#232;le &#171; Solex &#187; (Solidarit&#233; et Excellence) ou sur l'action sociale de l'&#233;tablissement se heurteront &#224; cette question bien simple : sommes-nous s&#251;rs de donner et de vouloir donner les m&#234;mes chances &#224; chacun.e de nos &#233;tudiant.e.s et &#224; chacun.e de nos personnels ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien entendu, ce probl&#232;me est difficile &#224; r&#233;soudre car c'est en dizaine de postes que se chiffrent les transferts n&#233;cessaires non pas pour faire dispara&#238;tre les in&#233;galit&#233;s (une logique &#233;galitariste n'est pas ce que l'on r&#233;clame) mais pour r&#233;duire celles qui s'av&#232;rent inadmissibles. Une des solutions est d'attendre que les tutelles nous donnent les moyens suppl&#233;mentaires. Ce serait une curieuse conception de la solidarit&#233; qui demanderait &#224; celles et ceux qui connaissent les conditions les plus difficiles de se montrer plus solidaires que les autres en faisant preuve de patience... L'autre solution est donc bien de commencer &#224; traiter le probl&#232;me d&#232;s maintenant, m&#234;me si sa r&#233;solution s'av&#232;re longue et incertaine : c'est le meilleur moyen de montrer aux &#233;tudiant.e.s et aux personnels concern&#233;s toute la consid&#233;ration qu'ils/elles sont en droit d'attendre. C'est le seul moyen de cr&#233;er la communaut&#233; que doit constituer une universit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cela dit, il n'est pas n&#233;cessaire de f&#233;tichiser le statut h&#233;rit&#233; de la loi Edgar Faure pour &#234;tre une universit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Le temps me manque pour compl&#233;ter ce trop long billet mais j'ajouterai deux mots sur cette question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre mani&#232;re d'&#233;prouver nos belles intentions solidaires et la r&#233;alit&#233; du projet d'&#233;tablissement public exp&#233;rimental est de cr&#233;er des liens entre &#233;coles et composantes qui profitent &#224; toutes les &#233;tudiantes et &#224; tous les &#233;tudiants. La collaboration ne soit pas se faire seulement sur un segment &#233;litiste, au sein de programmes gradu&#233;s, par exemple. La question de formations communes doit &#234;tre pos&#233;e sur l'ensemble du LMD afin de permettre aux &#233;tudiantes et aux &#233;tudiants de mieux se conna&#238;tre et de mieux se fr&#233;quenter, afin d'en finir avec l'entre-soi des uns et les complexes des autres. On pourrait aussi imaginer que les probl&#233;matiques d'insertion professionnelle soit abord&#233;es de mani&#232;re conjointe par les &#233;coles et les composantes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Universit&#233; de Lille : le d&#233;fi d&#233;mocratique</title>
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		<dc:date>2021-10-24T14:30:38Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Une d&#233;mocratie universitaire menac&#233;e &lt;br class='autobr' /&gt;
Le maintien et le renforcement d'un fonctionnement d&#233;mocratique au sein du nouvel &#233;tablissement public exp&#233;rimental sera l'autre d&#233;fi auquel sera confront&#233;e la communaut&#233; universitaire dans son ensemble. Il y a l&#224; un enjeu qui d&#233;passe largement le site lillois. L&#224; o&#249; la loi Faure de 1968 puis la loi Savary de 1984 reposaient largement sur un id&#233;al de &#171; participation &#187; ou de d&#233;mocratie, les r&#233;formes des ann&#233;es 2000 tentent de faire entrer les universit&#233;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://ggb.ouvaton.org/spip.php?rubrique27" rel="directory"&gt;Sur l'enseignement sup&#233;rieur et la recherche en g&#233;n&#233;ral&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une d&#233;mocratie universitaire menac&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le maintien et le renforcement d'un fonctionnement d&#233;mocratique au sein du nouvel &#233;tablissement public exp&#233;rimental sera l'autre d&#233;fi auquel sera confront&#233;e la communaut&#233; universitaire dans son ensemble. Il y a l&#224; un enjeu qui d&#233;passe largement le site lillois. L&#224; o&#249; la loi Faure de 1968 puis la loi Savary de 1984 reposaient largement sur un id&#233;al de &#171; participation &#187; ou de d&#233;mocratie, les r&#233;formes des ann&#233;es 2000 tentent de faire entrer les universit&#233;s dans l'&#232;re des &lt;i&gt;managers&lt;/i&gt;. Or, dans un contexte o&#249; la science est sous pression, il est clair que sa d&#233;fense ne peut qu'&#234;tre collective, ce qui suppose une organisation particuli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La science sous pression&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le contexte politique et social actuel se caract&#233;rise par des pressions et des menaces fortes &#224; l'encontre des communaut&#233;s scientifiques. On ne peut pas ignorer le caract&#232;re global de cette situation, qui ne se limite pas, par exemple, au Br&#233;sil de Bolsonaro. Un r&#233;cent &lt;a href=&#034;https://www.nature.com/articles/d41586-021-02741-x&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt; de &lt;i&gt;Nature&lt;/i&gt; a soulign&#233; les intimidations et les menaces dont font l'objet des scientifiques intervenant dans les d&#233;bats relatifs &#224; la gestion de la crise sanitaire. Cette pression ne se limite pas &#224; des pays &#171; illib&#233;raux &#187; ou &#224; des moments singuliers. Les entreprises de production de doute et d'ignorance, souvent li&#233;es &#224; de puissants int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques, les proc&#233;dures baillons &#224; l'encontre des scientifiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le rapport de la Commission Mazeaud du mois d'avril 2007.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; voire les tentations gouvernementales d'encadrer les libert&#233;s acad&#233;miques sous couvert de leur d&#233;fense&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le (trop) long &#233;pisode de la lutte contre &#171; l'islamogauchisme &#187; &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; concernent &#233;galement des d&#233;mocraties qui se veulent &#171; lib&#233;rales &#187;. Dans ce contexte, le maintien de l'autonomie scientifique et &#233;ducative est un enjeu hautement politique pour conserver un champ de production de connaissances critiques, fond&#233;es sur une exigence de v&#233;rit&#233; et non pas sur une volont&#233; de puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La restructuration du syst&#232;me de l'enseignement sup&#233;rieur fran&#231;ais entam&#233; depuis les ann&#233;es 2000 va-t-il dans ce sens ? Rien n'est moins s&#251;r. L'accroissement des missions des universit&#233;s depuis les ann&#233;es 1980 et la constitution de grands ensembles consacr&#233;e par l'ordonnance de 2018 sur les &#233;tablissements publics exp&#233;rimentaux risquent d'aboutir au d&#233;veloppement d'une techno-structure administrative cens&#233;e g&#233;rer une complexit&#233; toujours croissante. L'une des possibilit&#233;s est alors que se creuse le grand &#233;cart entre le pilotage politique de l'universit&#233; et un pilotage administratif. Ce risque est d'autant plus grand que le pouvoir politique contribue bien souvent &#224; brouiller ces deux ordres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce brouillage est, en effet, nourri par la promotion d'un id&#233;al de pr&#233;sidents &#171; leaders &#187; ou &#171; managers &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir, par exemple, au moment du vote de la LRU cet article du Figaro avec (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le mod&#232;le d'une direction charismatique selon lequel un pr&#233;sidente ou une pr&#233;sidente s'appuierait sur une &#233;quipe soud&#233;e pour mettre en &#339;uvre des projets dont la bonne marche et la performance seraient &#233;valu&#233;s par un conseil d'administration resserr&#233; se heurte &#224; plusieurs probl&#232;mes. Tout d'abord, l'habit du &#171; leader &#187; ne fait pas toujours le &#171; manager &#187; performant. Le fait d'&#234;tre un pr&#233;sident &#233;lu par un c&#233;nacle restreint ne garantit pas ses comp&#233;tences propres &#224; diriger des organisations de plusieurs milliers de personnels. En outre, il convient de ne pas oublier une sp&#233;cificit&#233; essentielle des universit&#233;s : l'ind&#233;pendance des enseignants-chercheurs qui les constituent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce principe - d'ordre constitutionnel, rappelons-le - institue &#224; l'universit&#233; une hi&#233;rarchie toute particuli&#232;re. &#192; cet &#233;gard, il n'est pas anodin de constater que la bureaucratisation de l'enseignement sup&#233;rieur conduit &#224; une r&#233;duction &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; de cette ind&#233;pendance, l&#224; o&#249; elle n'est pas remise en cause &lt;i&gt;de jure&lt;/i&gt;. Ce mouvement participe de la pression exerc&#233;e sur les communaut&#233;s scientifiques mais il montre que l'un des enjeux du d&#233;fi d&#233;mocratique &#224; l'universit&#233; est pr&#233;cis&#233;ment de mettre en place un syst&#232;me de &#171; gouvernance &#187; qui soit construit autour de ce principe d'ind&#233;pendance et non pas contre lui.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lieux et temps de la d&#233;mocratie &#224; l'Universit&#233; de Lille&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces consid&#233;rations peuvent sembler bien &#233;loign&#233;es des &#233;lections prochaines &#224; l'Universit&#233; de Lille. Elles en sont, en fait, au c&#339;ur car l'une des difficult&#233;s du nouvel &#233;tablissement, &#224; la taille et l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; in&#233;dites, sera de de respecter ce principe d'ind&#233;pendance essentiel &#224; une recherche et &#224; un enseignement libres. L'autonomie des universit&#233;s, c'est aussi - et avant tout - le rejet des pressions de toutes sortes. Si elle peut r&#233;pondre &#224; des attentes ext&#233;rieures, l'universit&#233; doit avant tout d&#233;fendre sa capacit&#233; &#224; poser ses propres fins, en toute ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce principe doit traverser tout l'&#233;tablissement et chaque niveau de l'Universit&#233; doit en &#234;tre comptable. C'est la raison pour laquelle la d&#233;mocratie universitaire ne peut reposer sur le seul bon fonctionnement du comit&#233; de direction ou des conseils centraux. La direction de l'universit&#233; doit certes &#234;tre soucieuse du fonctionnement coll&#233;gial et d&#233;mocratique de ses propres instances : elle doit l'&#234;tre aussi de celles composantes et des &#233;tablissements-composantes (et r&#233;ciproquement). Cela passe, selon moi, par plusieurs &#233;l&#233;ments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est tout &#224; fait surprenant que l'on se soucie de tout &#233;valuer, sauf le fonctionnement d&#233;mocratique de nos instances. On pourrait donc imaginer la mise en place d'une charte de la d&#233;mocratie universitaire dont la mise en &#339;uvre ferait l'objet d'une &#233;valuation au moins deux fois au cours d'un mandat, qu'il s'agisse d'un conseil central, d'un conseil de facult&#233; ou de laboratoire. Cette &#233;valuation porterait sur la fr&#233;quence des r&#233;unions, sur la participation, sur la mise &#224; disposition de l'information, sur la formation des &#233;lus, sur l'ex&#233;cution des d&#233;cisions, par exemple. Tout cela pourrait &#234;tre compl&#233;t&#233; par une enqu&#234;te aupr&#232;s des &#233;tudiants et des personnels pour savoir s'ils se sentent associ&#233;s aux d&#233;cisions de leur composante ou de l'&#233;tablissement. Cette &#233;valuation donnerait lieu &#224; un &#233;change contradictoire et ses conclusions seraient rendues publiques. Dans ce sch&#233;ma, les composantes, qui ont d&#233;sormais la taille d'&#233;tablissements, joueront un r&#244;le-clef pourvu qu'elles ne s'apparentent pas &#224; des baronnies inexpugnables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, une telle d&#233;marche n'aurait pour seul but que d'inciter &#224; une am&#233;lioration des pratiques (et non pas &#224; proc&#233;der &#224; un contr&#244;le tatillon). Un des points cruciaux des pratiques d&#233;mocratiques est le temps qu'elles exigent. Il n'est pas possible de cr&#233;er une adh&#233;sion collective quand un calendrier vous conduit &#224; dire &#224; vos coll&#232;gues : &#171; de toutes fa&#231;ons, on n'a pas le choix ; de toutes fa&#231;ons, on n'a pas le temps &#187;. Or le gouvernement des universit&#233;s est caract&#233;ris&#233; par un encha&#238;nement des consultations et des d&#233;cisions de conseils de toutes sortes qui rendent indispensable la mise en place de calendriers pr&#233;visionnels bien en amont des r&#233;unions. On retrouve l&#224; un besoin de pr&#233;visibilit&#233; caract&#233;ristique du &lt;a href='http://ggb.ouvaton.org/spip.php?article79' class=&#034;spip_in&#034;&gt;d&#233;fi humain&lt;/a&gt;. Concr&#232;tement, on pourrait imaginer qu'un secr&#233;tariat g&#233;n&#233;ral aux affaires institutionnelles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une sorte d'&#233;quivalent du secr&#233;tariat g&#233;n&#233;ral au gouvernement&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; r&#233;unisse r&#233;guli&#232;rement les directions de l'universit&#233; et celles des composantes pour construire &lt;i&gt;ensemble&lt;/i&gt; les calendriers de gestion n&#233;cessitant des d&#233;lib&#233;rations. Trop souvent, faute d'organisation en amont, les demandes arrivent de mani&#232;re perl&#233;e ou d&#233;cal&#233;e, entra&#238;nant un d&#233;sordre dans la vie des instances, ce qui n'aide pas &#224; leur animation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un dernier &#233;l&#233;ment d'importance pour renforcer la qualit&#233; de la d&#233;mocratie universitaire tient &#224; la prise des responsabilit&#233;s par les coll&#232;gues. Il est tout &#224; fait frappant que les responsabilit&#233;s, qu'elles soient p&#233;dagogiques, scientifiques ou collectives, soient souvent assum&#233;es par les m&#234;mes personnes, ce qui conduit &#224; les enfermer dans des r&#244;les que l'on a beau jeu de critiquer. Bien entendu, l'&#233;rosion du recrutement des titulaires accentue dangereusement ce ph&#233;nom&#232;ne puisqu'elle fait porter sur un nombre de plus en plus r&#233;duit de coll&#232;gues des t&#226;ches sans cesse croissantes. Cela conduit soit &#224; l'&#233;puisement de celles et ceux qui les assument soit &#224; des strat&#233;gies d'&#233;vitement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on veut que l'universit&#233; soit r&#233;ellement autonome pour produire les connaissances qui nous &#233;claireront et pour former les &#233;tudiantes et les &#233;tudiants qui en useront, il faut que cette autonomie des &#233;tablissements repose sur l'autonomie collective de coll&#232;gues que l'on doit rendre capables de cr&#233;er ensemble le cadre de leur action. Si l'on ne croit pas &#224; la possibilit&#233; de ce principe, c'est la valeur m&#234;me de l' universit&#233; qui se trouvera remise en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&lt;i&gt;&#192; suivre&lt;/i&gt; : le d&#233;fi universitaire)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir le &lt;a href=&#034;https://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/2017/50/2/Rapport_Commission_Mazeaud_754502.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;rapport&lt;/a&gt; de la Commission Mazeaud du mois d'avril 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir le (trop) long &#233;pisode de la lutte contre &#171; l'islamogauchisme &#187; &#224; l'universit&#233; qui tiendrait de la farce s'il n'avait pas suscit&#233; des menaces plus ou moins voil&#233;s sur des universitaires. Son d&#233;nouement (?) tragi-comique est marqu&#233; par un &lt;a href=&#034;https://www.huffingtonpost.fr/entry/selon-vidal-la-question-de-lislamogauchisme-dans-les-universites-est-reglee_fr_61696efee4b01f6f7e4847a9&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;entretien&lt;/a&gt; de Madame la Ministre de l'Enseignement sup&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir, par exemple, au moment du vote de la LRU cet &lt;a href=&#034;https://www.lefigaro.fr/actualite/2007/06/20/01001-20070620ARTFIG90021-un_president_manager_et_des_conseils_d_administration_reduits.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt; du Figaro avec les d&#233;clarations du pr&#233;sident de l'Universit&#233; Paris-II d'alors, Louis Vogel.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une sorte d'&#233;quivalent du secr&#233;tariat g&#233;n&#233;ral au gouvernement&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Universit&#233; de Lille : le d&#233;fi humain</title>
		<link>http://ggb.ouvaton.org/spip.php?article79</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>GGB</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;O&#249; l'on s'attarde sur la question des personnels&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://ggb.ouvaton.org/spip.php?rubrique27" rel="directory"&gt;Sur l'enseignement sup&#233;rieur et la recherche en g&#233;n&#233;ral&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le d&#233;fi humain&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me s'il est difficile &#224; objectiver, le sentiment g&#233;n&#233;ral qui semble pr&#233;dominer &#224; l'issue de trois ann&#233;es de fusion, de recomposition de composantes et de dix-huit mois de crise sanitaire est un &#233;puisement g&#233;n&#233;ralis&#233; qui n'aide pas &#224; se projeter dans l'avenir. S'il est ind&#233;niable - il faut le reconna&#238;tre - qu'il existe dans l'&#233;tablissement un &#171; facteur humain &#187; qui permet souvent aux &#233;quipes de se montrer solidaires et de tenir, il est non moins incontestable qu'&#224; trop tirer sur la corde elle finit aussi par se rompre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une question de respect&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re condition pour relever correctement ce d&#233;fi humain est sans nul doute le respect des personnels, c'est-&#224;-dire le respect de la direction envers les personnels et le respect des personnels entre eux.Cela ne repose pas seulement sur des intentions - qui sont bonnes le plus souvent - mais aussi sur des actes. L'examen des avis du comit&#233; technique sur les deux derni&#232;res ann&#233;es montre que les repr&#233;sentants des personnels ont donn&#233; tr&#232;s souvent donn&#233; des avis favorables aux projets pr&#233;sent&#233;s par l'Administration. Cela est donc globalement positif mais fait ressortir en creux les points de blocage : la recomposition des composantes et la mise en place de l'EPE ont donn&#233; lieu &#224; des avis d&#233;favorables qui ne semblent pas avoir donn&#233; lieu &#224; de r&#233;elles n&#233;gociations avec les syndicats. Ancien &#233;lu au comit&#233; technique, l'auteur de ces lignes a un souvenir plut&#244;t cuisant que plusieurs avis unanimement d&#233;favorables aient donn&#233; lieu au recueil d'un second avis sans aucune discussion nouvelle. Le dialogue social n'est pas seulement &#224; engager quand il y a consensus ! En cas de blocage, il faut aussi provoquer la discussion avec toutes les parties prenantes, et notamment les repr&#233;sentants des personnels&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce qui suppose de ne pas les affaiblir par des man&#339;uvres &#233;lectorales&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude des avis du CHSCT (comit&#233; d'hygi&#232;ne, de s&#233;curit&#233; et des conditions de travail) donne d'ailleurs une impression plus inqui&#233;tante. Le CHSCT s'est plaint &#224; plusieurs reprises que ses avis n'aient donn&#233; lieu &#224; aucune r&#233;ponse de l'administration. En f&#233;vrier dernier, le CHSCT s'est aussi plaint des conditions g&#233;n&#233;rales de son fonctionnement. Il ne faut pas prendre &#224; la l&#233;g&#232;re la position d'une instance qui est charg&#233;e d'&#233;valuer le degr&#233; de bien-&#234;tre et de mal-&#234;tre des personnels. Cette instance m&#233;riterait d'ailleurs d'&#234;tre mieux connue, son travail syst&#233;matiquement pr&#233;sent&#233; &#224; la communaut&#233; universitaire tout comme les r&#233;ponses de l'administration qui pourrait ainsi faire valoir son point de vue et ses propres contraintes. De mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale, en d&#233;pit de l'effort global de transparence qui me semble caract&#233;riser l'&#233;tablissement, les indicateurs sur les conditions de travail devraient &#234;tre plus r&#233;guliers. Dans leur construction actuelle, les bilans sociaux sont pr&#233;sent&#233;s avec un d&#233;calage dans le temps trop important pour &#234;tre r&#233;ellement utiles et leur contenu est parfois bien trop flou. &#192; ma connaissance il n'existe pas de barom&#232;tre social, avec des statistiques r&#233;centes et r&#233;guli&#232;res sur les arr&#234;ts-maladie ou sur le turn-over dans les services afin de bien prendre la mesure de l'&#233;tat des corps et des esprits.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pr&#233;carit&#233; et pr&#233;carisation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;fi humain s'inscrit dans une &#233;volution probl&#233;matique de l'enseignement sup&#233;rieur qui se caract&#233;rise de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale par une fragmentation du corps universitaire et une intensification des in&#233;galit&#233;s. L&#224; o&#249; des dispositifs dits d'excellence concentrent des moyens sur certaines th&#233;matiques, certains services ou certains coll&#232;gues&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On y reviendra, bien entendu&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la masse de l'organisation se fragilise. Rappelons quelques chiffres : dans son p&#233;rim&#232;tre actuel, l'Universit&#233; de Lille rassemble 7385 personnels dont 3461 agent.e.s BIATS, 2017 enseignant.e.s-chercheur.e.s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chiffres-cl&#233;s de l'Universit&#233; de Lille, 2020-2021&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, 1900 enseignant.e.s d'autres statuts et &#8230; 5333 vacataires d'enseignement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bilan social 2019, p. 22&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces vacataires - auxquels il faut ajouter certains personnels BIATS qui assument quelques cours - assurent pr&#232;s de 210000 heures d'enseignement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 40&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces vacataires, sans lesquels l'Universit&#233; ne pourrait pas assumer ses missions et qui sont quasiment invisibles sur un plan institutionnel, m&#233;ritent d'&#234;tre reconnus &#224; la hauteur de leur contribution. Cela passe par une prise en charge plus fluide de leurs dossiers et de leur paiement (des am&#233;liorations ont &#233;t&#233; faites, je crois), par un accueil et une communication sp&#233;cifique. Cela est plus facile &#224; dire qu'&#224; faire et l'auteur de ces lignes aimerait lui-m&#234;me satisfaire ses propres exigences dans les responsabilit&#233;s qu'il exerce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette difficult&#233; &#224; am&#233;liorer le sort de certains nos vacataires est notamment due au fait qu'il est d&#233;j&#224; difficile de r&#233;soudre les probl&#232;mes des permanents. Pourtant, si la pr&#233;carit&#233; touche de plein fouet certains personnels consid&#233;r&#233;s de facto comme les auxiliaires invisibles de l'Universit&#233;, la pr&#233;carisation des m&#233;tiers de l'universit&#233; touche tout le monde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En ce sens, Christophe Granger n'avait pas tort dans le constat qu'il (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour reprendre les chiffres donn&#233;s &lt;i&gt;supra&lt;/i&gt;, il est int&#233;ressant de remarquer que les enseignants dits permanents (c'est-&#224;-dire titulaires et contractuels non-vacataires) assuraient 225375 heures compl&#233;mentaires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il y aurait beaucoup &#224; dire sur la tendance discutable de pr&#233;senter le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . S'il ne s'agit pas d'ouvrir ici le d&#233;bat des heures compl&#233;mentaires (beaucoup s'en plaignent, peu veulent ou peuvent les combattre r&#233;ellement), force est de constater que cette soixantaine d'heures compl&#233;mentaires r&#233;alis&#233;es en moyenne par chaque enseignant permanent ne peut se faire qu'aux d&#233;pens de l'ensemble de ses missions normales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre &#233;l&#233;ment participe de cette d&#233;valorisation du m&#233;tier. L'inflation des missions des universit&#233;s a conduit &#224; une d&#233;multiplication des t&#226;ches assur&#233;es par des &#233;quipes administratives et p&#233;dagogiques parfois r&#233;duites. L'alourdissement des proc&#233;dures d'admission en licence et en master, la mise en place de modalit&#233;s d'accompagnement des &#233;tudiant.e.s, louables en soi, comme le contrat d'&#233;tudes ou tel et tel &#171; porte-folio &#187; conduit &#224; transformer bon nombre d'enseignants en op&#233;rateur de saisie aux d&#233;pens d'un r&#233;el travail p&#233;dagogique collectif. Ces &#233;volutions sont g&#233;n&#233;ratrices d'une r&#233;elle perte de sens du m&#233;tier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la pr&#233;carisation touche fortement les personnels administratifs contractuels d'abord et titulaires ensuite. L&#224; encore, la politique sociale de l'&#233;tablissement a permis d'am&#233;liorer le sort de nos coll&#232;gues contractuels. M&#234;me si les situations sont extr&#234;mement vari&#233;es parmi les personnels administratifs (les in&#233;galit&#233;s de statuts y sont &#233;galement fortes), force est de reconna&#238;tre que la modestie de certaines r&#233;mun&#233;rations constitue un vrai probl&#232;me social - que ne viennent pas pallier des cong&#233;s revus &#224; la baisse - ainsi qu'un vrai probl&#232;me d'attractivit&#233;. La complexification des missions et des t&#226;ches, l'instabilit&#233; du cadre organisationnel, la faiblesse des viviers de recrutement cr&#233;ent les conditions d'un v&#233;ritable mal-&#234;tre au travail.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelques propositions&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour y r&#233;pondre, il me semble qu'outre des d&#233;cisions qui ne d&#233;pendent pas de l'&#233;tablissement qu'il faudrait r&#233;clamer fortement, il ne serait pas inutile d'envisager quelques perspectives :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La mise en place d'une &lt;i&gt;description pr&#233;cise, stable et formalis&#233;e&lt;/i&gt; du &#171; qui-fait-quoi &#187; entre diff&#233;rents services afin de ne pas permettre des transferts de comp&#233;tences sauvages et des tensions inutiles ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La mise en place, avant toute modification d'organisation d'un service, d'une &#233;tude d'impact et d'un cahier des charges pr&#233;cis quant aux implications de cette modification ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La mise en place de services de renfort pour pallier les absences qui ne peuvent pas &#234;tre assum&#233;es par des coll&#232;gues d&#233;j&#224; surcharg&#233;s de travail ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La pause du projet Subsidiarit&#233;, une fois atteint le stade de l'&#233;tat des lieux, afin de ne pas relancer une nouvelle vague de transformation pr&#233;matur&#233;ment ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La priorisation des chantiers &#224; investir tant sur le plan administratif que p&#233;dagogique voire scientifique. Cela passe notamment par une intervention forte de l'Universit&#233; aupr&#232;s du minist&#232;re, via la CPU notamment (cela suppose qu'on y si&#232;ge), pour &#233;viter la mise en place de prescriptions l&#233;gales qui sont inapplicables sur le terrain (ou qui ne le sont qu'&#224; un prix humain d&#233;mesur&#233;).
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une am&#233;lioration du dialogue social qui ne doit pas se r&#233;sumer &#224; des op&#233;rations de communication&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un dialogue n'est pas seulement un &#233;change autour d'un caf&#233; : c'est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et qui doit d&#233;sormais &#234;tre d&#233;ploy&#233; au sein des composantes. La r&#233;union d'une conf&#233;rence sociale annuelle au sein de l'EPE, qui fixerait une feuille de route et en &#233;valuerait la mise en &#339;uvre, pourrait y aider.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela ne permettra pas de r&#233;soudre des probl&#232;mes qui d&#233;passent largement le cadre de notre &#233;tablissement mais cela contribuerait &#224; rappeler que le &#171; facteur humain &#187; si central dans une universit&#233; doit &#234;tre en permanence au c&#339;ur de nos pr&#233;occupations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#224; suivre&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce qui suppose de ne pas les affaiblir par des man&#339;uvres &#233;lectorales&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On y reviendra, bien entendu&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Chiffres-cl&#233;s de l'Universit&#233; de Lille, 2020-2021&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bilan social 2019, p. 22&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid., p. 40&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En ce sens, Christophe Granger n'avait pas tort dans le constat qu'il faisait dans &lt;i&gt;La destruction de l'universit&#233; fran&#231;aise&lt;/i&gt; (La Fabrique, 2015) d'une pr&#233;carisation globale du m&#233;tier, touchant les pr&#233;caires d'abord pour toucher les titulaires ensuite. En revanche, je rejoins Christophe Charle sur la critique qu'il faisait d'une id&#233;alisation malvenue de l'Universit&#233; de la Troisi&#232;me R&#233;publique, faux &#226;ge d'or de l'Universit&#233; fran&#231;aise qui n'a jamais exist&#233;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il y aurait beaucoup &#224; dire sur la tendance discutable de pr&#233;senter le potentiel d'enseignement en gommant la diff&#233;rence entre enseignants titulaires et enseignants non-titulaires pr&#233;tendument permanents&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un dialogue n'est pas seulement un &#233;change autour d'un caf&#233; : c'est travailler &#224; construire et &#224; poursuivre des objectifs communs&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vertiges de l'exp&#233;rimentation</title>
		<link>http://ggb.ouvaton.org/spip.php?article77</link>
		<guid isPermaLink="true">http://ggb.ouvaton.org/spip.php?article77</guid>
		<dc:date>2021-04-15T12:38:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>GGB</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;O&#249; l'on revient sur les statuts de l'&#233;tablissement public exp&#233;rimental qui pourrait remplacer l'Universit&#233; de Lille le 1er janvier 2022&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://ggb.ouvaton.org/spip.php?rubrique27" rel="directory"&gt;Sur l'enseignement sup&#233;rieur et la recherche en g&#233;n&#233;ral&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;S'il se trouve que je suis doyen de facult&#233;, c'est comme enseignant-chercheur de base que j'ai &#233;crit ces lignes, &#224; l'occasion d'un vote du conseil de la Facult&#233; des Humanit&#233;s. Ce petit discours n'a jamais &#233;t&#233; prononc&#233; mais il &#233;tait n&#233;cessaire pour me remettre les id&#233;es en place.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans quelques jours, notre universit&#233; sera appel&#233;e &#224; prendre une d&#233;cision importante pour toute notre communaut&#233;. Notre Facult&#233; doit aujourd'hui se prononcer. Je souhaite donc, en tant que simple &#233;lu du conseil, vous faire part de mon point de vue sur le projet de statuts qui nous est soumis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour commencer, je dois saluer un processus de consultation dont les d&#233;buts ne laissaient pas pr&#233;sager qu'il donnerait lieu &#224; autant d'&#233;changes. Il faut reconna&#238;tre que, depuis le mois de novembre, le texte a &#233;volu&#233; et que des discussions ont pu avoir lieu avec ses r&#233;dacteurs. On peut certes regretter que la possibilit&#233; ne nous ait pas toujours &#233;t&#233; donn&#233;e de d&#233;fendre nos amendements et plus encore que la plupart n'aient pas &#233;t&#233; retenus. On ne peut pas dire, cependant, que l'universit&#233; n'ait pas pris le temps d'une forme de consultation. Cette consultation ne pouvait qu'&#234;tre imparfaite dans les circonstances de la crise sanitaire. Notre conseil de facult&#233; avait pourtant exprim&#233;e une demande de moratoire, relay&#233;e par l'&#233;tablissement, qui n'a jamais &#233;t&#233; entendue par notre ministre de tutelle. C'est l&#224; o&#249; nous entrons dans le vif du sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce projet d'&#233;tablissement public exp&#233;rimental proc&#232;de d'une r&#233;forme de fond de l'enseignement sup&#233;rieur entam&#233;e depuis une quinzaine d'ann&#233;es maintenant. Que cet aggiornamento ait &#233;t&#233; accompagn&#233; par un recul sensible de la France en termes de publication scientifique &#224; l'&#233;chelle internationale laisse bien soup&#231;onner la vacuit&#233; de cette politique. Ce que nous subissons sur le terrain, avec un recul du nombre de postes alors que les effectifs d'&#233;tudiants augmentent, avec la d&#233;gradation de nos conditions de travail, avec la remise en cause permanente de l'int&#233;grit&#233; de l'universit&#233;, doit achever de nous convaincre quant &#224; la nocivit&#233; de cette politique. Le cadre dans lequel s'inscrit ce projet d'EPE ne plaide donc pas pour lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il aurait &#233;t&#233; possible de faire preuve de ruse et, dans un mouvement dialectique subtil, de retourner l'EPE contre les intentions de ceux qui en ont pos&#233; les lointains principes dans l'ordonnance de d&#233;cembre 2018. Encore e&#251;t-il fallu construire un projet solide. Or ce projet n'existe pas. Le d&#233;part de Centrale Lille et son remplacement inopin&#233; par l'ENSAIT - une v&#233;n&#233;rable et cr&#233;ative &#233;cole de 30 enseignants-chercheurs et de 350 &#233;tudiants - montrent bien que les partenaires &#233;tant interchangeables, le projet ne se distingue en rien. D&#232;s lors, pourquoi diable se lancer dans une r&#233;forme nouvelle de notre &#233;tablissement, qui n'a m&#234;me pas fini d'achever la pr&#233;c&#233;dente, pour un projet de rapprochement avec les &#233;coles, dont on ignore les bases concr&#232;tes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a qu'une r&#233;ponse : la sauvegarde de l'I-SITE. J'ai d&#233;j&#224; eu l'occasion de dire que l'I-SITE &#233;tait notre bien commun. Son obtention en 2017 nous avait permis de relever un peu la t&#234;te alors que notre site lillois semblait condamn&#233; &#224; l'&#233;chec, apr&#232;s les r&#233;sultats m&#233;diocres du plan Campus et les d&#233;convenues des diff&#233;rentes candidatures IDEX. Entre 2018 et aujourd'hui, l'ISITE a jou&#233; un r&#244;le important dans le soutien et la structuration de la recherche au sein de notre universit&#233;. L'effort port&#233; sur les sciences humaines et sociales est r&#233;el. La mobilisation de l'ISITE dans le contexte de la crise sanitaire nous a aid&#233; &#224; faire face. Pourrait-on prendre la responsabilit&#233; de voir dispara&#238;tre ce label et ces financements en refusant l'EPE qui nous est propos&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre &#224; cette question, il faut d'abord constater que la mise en place d'un EPE ne nous garantit pas la confirmation d'un ISITE qui d&#233;pend de l'&#233;valuation d'un jury d&#233;cid&#233;ment omnipotent. Mais le probl&#232;me est ailleurs : poser la question en ces termes revient &#224; faire peser sur notre communaut&#233; un nouveau chantage sans garantie d'une am&#233;lioration r&#233;elle. Il est notable, en effet, que la p&#233;riode probatoire de l'ISITE soit all&#233;e de pair avec une d&#233;gradation substantielle de nos conditions de travail. Alors m&#234;me que nous b&#233;n&#233;ficiions d'une quinzaine de millions d'euros suppl&#233;mentaires par an, nous avons vu l'&#233;cart s'accro&#238;tre entre nos ressources et nos besoins. Alors que nous avons fait des efforts consid&#233;rables et collectifs, en menant la fusion de nos &#233;tablissements, la recomposition de nos composantes, la construction de notre offre de formation, nous sommes rest&#233;s l'une des universit&#233;s les moins bien dot&#233;es de France. Pour le dire trivialement : nous avons la cerise sans le g&#226;teau. Refuser l'EPE, c'est s'opposer &#224; cette logique en montrant que nous sommes pr&#234;ts &#224; renoncer &#224; ce qui nous est cher pour changer fondamentalement de politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question des statuts en devient presque accessoire. Il me faut cependant en dire un mot. Des progr&#232;s substantiels ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s depuis les premi&#232;res versions du mois de novembre. Il n'en demeure pas moins que plusieurs points continuent de poser probl&#232;me. Si l'ing&#233;nieux m&#233;canisme de conseil d'administration en formation restreinte aux &#233;lus permet de conserver une certaine forme de coll&#233;gialit&#233;, la part accrue des membres ext&#233;rieurs continue de poser probl&#232;me. Bien entendu, il ne faut pas f&#233;tichiser la fameuse &#034;d&#233;mocratie universitaire&#034;. Je ne suis pas s&#251;r qu'elle se porte bien dans le cadre actuel. Toutefois, les r&#233;centes controverses &#224; propos de la succession du pr&#233;sident de la FNSP montrent bien que cette place importante des ext&#233;rieurs n'est pas neutre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La FNSP n'est pas une universit&#233;, on le sait, mais qu'une candidature ait pu (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre point probl&#233;matique est la place des composantes, et cela &#224; deux titres. D'une part, l'introduction de la notion de d&#233;concentration &#233;claire bien l'&#233;cart fondamental entre les &#233;tablissements-composantes et les composantes. C'est l'une des contradictions originelles du projet. Cette derni&#232;re aurait pu &#234;tre d&#233;pass&#233;e par une v&#233;ritable autonomie laiss&#233;e aux composantes dans leur organisation - par les moyens de cette autonomie. Or les contraintes qui p&#232;sent sur les instances internes aux composantes sont de nature &#224; alourdir le fonctionnement des composantes, l&#224; o&#249; l'&#233;chelon central et les &#233;coles-composantes pourront conna&#238;tre un fonctionnement &#034;agile&#034;. Certaines composantes, qui ont d&#233;j&#224; une assise assez forte, pourront y faire face. Pas celles qui sont fragiles, pour des raisons de sous-encadrement chronique notamment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; r&#233;side une derni&#232;re limite du projet. J'ai toujours dit que le r&#232;glement de la question de la p&#233;r&#233;quation des moyens allou&#233;s aux composantes devait &#234;tre un pr&#233;alable &#224; l'adoption de l'EPE. Les conclusions du groupe de travail sur cette question arriveront trop tard pour qu'une d&#233;cision politique puisse &#234;tre prise et engager l'ensemble des parties prenantes. Dans leur configuration actuelle, ni les statuts - qui accroissent m&#233;caniquement la diversit&#233; de l'&#233;tablissement - ni quelque autre d&#233;cision ne garantissent que les composantes les plus pr&#233;caires soient trait&#233;es de mani&#232;re &#233;quitable dans le futur &#233;tablissement. Pour obtenir leur adh&#233;sion, il aurait fallu leur donner les gages qu'elles attendent l&#233;gitimement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La FNSP n'est pas une universit&#233;, on le sait, mais qu'une candidature ait pu &#234;tre rejet&#233;e &#224; cause des personnalit&#233;s ext&#233;rieures au monde acad&#233;mique n'est pas sans poser probl&#232;me quant au poids de ces derni&#232;res. Voir &#034;A Sciences Po, la succession d'Olivier Duhamel se fait dans un climat tendu&#034;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 2 avril 2021 &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/04/02/a-sciences-po-la-succession-se-fait-dans-un-climat-tendu_6075345_3224.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/societe/arti...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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